Juliette Brun : "Les bonnes idées ne sont pas le fruit du seul hasard"

Juliette Brun : "Les bonnes idées ne sont pas le fruit du seul hasard"

Femmeactuelle.fr

Juliette Brun, ingénieure polytechnicienne, docteure diplômée de l’Ecole des Mines et consultante et chercheuse en management de l’innovation nous livre les clés pour développer notre capacité à trouver de bonnes idées

Quand il s’agit de penser, tout d'abord, comment notre cerveau agit-il ?

Juliette Brun : Notre cerveau est une puissante machinerie d’environ cent milliards de neurones. Bien qu’il ne représente que 2% de notre corps, il consomme 20% de notre énergie à lui seul pour assurer ses multiples tâches quotidiennes, dont la motricité, le langage, la mémoire ou le calcul. L’information neuronale s’effectue pour chacune de ces tâches à une vitesse de 430 km/h. Le cerveau met en place des automatismes de pensée qui permettent de les effectuer rapidement, sans avoir y repenser chaque fois. On lui doit aussi la capacité de générer des idées nouvelles. Mais cette activité requiert un fonctionnement différent, où ces mêmes réflexes, si utiles dans la vie quotidienne, se révèlent défavorables quand il s’agit de produire des idées nouvelles. Or notre cerveau y recourt spontanément parce qu’il a tendance, par nature, à à emprunter des chemins connus.

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Il est donc, à la fois, moteur de création et peu inventif ?

J. B. : Oui. Cette paresse créative du cerveau, nommée "fixation" par les chercheurs se traduit par une difficulté à s’écarter des solutions classiques. Nos automatismes, judicieux face à un problème simple, connu ou une situation d’urgence, peuvent nous induire en erreur dès que le problème est plus élaboré, complexe ou inédit. Dans ce cas, il faut parvenir à contourner le pilotage automatique de notre cerveau pour enclencher un raisonnement logique. Ce passage d’un système de pensée à l’autre joue un rôle crucial dans le processus de créativité. Puisqu’il n’est pas naturel, il est nécessaire de l’exercer.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

J. B. : Prenons celui de la mare aux nénuphars, dont l’énoncé est le suivant : "La parcelle de nénuphars d’un lac double chaque

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