Comment la jupe oscille entre symbole de la contrainte et signe de révolte

Jade Vigreux
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En brandissant leurs longyi traditionnels face à la junte, les manifestantes birmanes ont confirmé le caractère infiniment politique de la jupe. Soumission d’une part, émancipation de l’autre, la jupe a accompagné la femme à travers l’histoire.

La jupe, vêtement politique ? C’est du moins ce que nous prouvent ces militantes birmanes qui ont transformé leurs jupes en étendards multicolores de la résistance anti-junte. Une « révolution du longyi », comme l’appellent les Birmans, du nom de la jupe traditionnelle du Myanmar, également portée par les hommes. Dès les premières manifestations en Birmanie – suite au coup d’État de l’armée et à l’arrestation de la cheffe du gouvernement, Aung San Suu Kyi –, les femmes ont été en première ligne. Elles constituent 60% des cortèges.

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Le 8 mars, les rues, parcours des manifestations, étaient jonchées de jupes suspendues en hauteur. Pourquoi ? « Parce que les forces de sécurité en ont peur », a affirmé une activiste à l’AFP. Une vielle croyance interdit effectivement aux hommes de passer sous les habits des femmes, au risque de perdre leur pouvoir viril. 

Mais la jupe, vêtement féminin par excellence, n’a pas toujours était synonyme de libération. Elle a pu, au contraire, être un instrument de contrainte. Comment oscille-t-on entre ces deux extrêmes ? Retour sur une histoire riche en contradictions avec Yvane Jacob, autrice du livre « Sapé comme jadis » (Robert Laffont).

ELLE. À travers l’histoire, quelles sont les différentes perceptions de la jupe ? 

Yvane Jacob. D’abord, il faut savoir que la jupe était, pendant longtemps, portée...

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