Karl Lagerfeld : les révélations de Sébastien Jondeau, son homme de confiance

Le plus aristocratique des couturiers avait choisi de faire d’un gamin de banlieue son homme de confiance. Pendant vingt ans ! Aujourd’hui est venu le temps des révélations. Extraits de notre grand entretien avec Sébastien Jondeau.

Sébastien se déplace toujours à vélo. Il a mis quinze minutes pour parcourir les 7 kilomètres qui séparent le VIIe arrondissement parisien, où il vit, du carrefour de sa petite enfance : le XXe arrondissement, Bagnolet, Les Lilas. Dans la même boulangerie, il achète un pain au chocolat puis évoque le souvenir de son grand-père maternel, assassiné dans son épicerie d’Ivry. Sans doute un règlement de comptes, suite à une embrouille entre caïds. Il n’est pas entré au Relais des Lilas, le bar sur le trottoir d’en face, où son père, un saltimbanque, allait faire la bringue le vendredi soir, et claquer la paye de la semaine. Un dimanche, c’était l’été, il a levé la main sur sa mère et l’a menacée de sa carabine. Elle n’a pas hésité, a pris le gamin de 3 ans et s’est enfuie.

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Plus tard, Sébastien déménage « en bâtiment », avec sa mère et son beau-père, à Aubervilliers. Boxe, bagarres, virée de cité en cité pour aller voir ses potes, le quotidien d’une adolescence dans les quartiers. Le beau-père, qui n’aime pas les gosses, lui apprend la volonté et la persévérance. Brevet des collèges en poche, il gagne sa vie. Vendeur de produits laitiers sur les marchés d’Aulnay et de sandwichs au Stade de France, manutentionnaire dans la boîte de transport de son beau-père. Il a 15 ans. Son destin va basculer.

Paris Match. Comment passe-t-on du statut de garçon turbulent de la banlieue nord à celui d’homme de confiance de Karl Lagerfeld ?
Sébastien Jondeau. Ma jeunesse était chaotique. Les courses-poursuites avec les flics, les bagnoles “empruntées”, les tirs au pistolet à grenailles, les petits larcins… Puis j’ai compris que le seul moyen de sortir la tête de l’eau, c’était de(...)


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