Kevin Lambert, romancier : “Une sexualité hors des codes”

Carole Boinet

Ton livre Querelle s'ouvre par une scène de sexe. Etait-ce évident pour toi ? As-tu cherché les mots du sexe ?

Le premier chapitre est arrivé dans un moment de délire. J’attendais un message d’un amant qui ne me répondait pas et je me suis mis à imaginer ce qu’il pouvait être en train de faire. C’était une manière de transcender ma propre jalousie et mon anxiété, transformées et dépassées par cette mise en scène (et à distance) fictive. Peu de temps après, ce brouillon s’est imposé comme une description de la vie sexuelle d’un des protagonistes, Querelle, qui donnera son nom au roman et prendra place dans le récit d’une grève.

Pourquoi la question du désir, de l'érotisme, t'intéresse-t-elle?

Je pense que mon intérêt pour la question du désir gay répond à un besoin d’affirmation qui ne passe pas chez moi par l’autobiographie, mais par la description d’une sexualité hors des codes de représentation hétérosexuels. En ouvrant le roman ainsi, il s’agissait de confronter le lecteur ou la lectrice à son propre point de vue inconscient (et peut-être homophobe) sur le sexe gay, qu’on lit et qu’on voit si peu souvent.

“Querelle” est une référence à Genet. Qu'as-tu aimé chez lui ?

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