L'édito de ELLE : « 13-Novembre : les mots pour panser »

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« L'autre jour, une de mes amies m'a dit que cette salle était le pays dans lequel on voulait vivre. Je crois qu’elle a raison. » C’est en ces termes qu’Aurélie Silvestre a conclu son témoignage à la barre du procès des attentats du 13 novembre 2015. Elle avait 34 ans ce soir-là, lorsqu’elle a perdu son compagnon et père de ses enfants. Enceinte du deuxième, une petite fille, elle ne l’avait pas accompagné au Bataclan. « Je crois savoir que nous sommes assez beaux tous les trois ensemble », dit-elle simplement aujourd’hui. Cette salle, c’est le palais de justice de Paris, spécialement aménagé pour ce procès hors norme entré dans une nouvelle phase depuis le début de la semaine – l’étude de la personnalité des vingt accusés – et qui s’étalera en tout sur neuf mois. Une (re)naissance. Durant cinq semaines, les victimes, les proches, les témoins s’y sont succédé pour raconter leur histoire. « Des histoires de héros de coin des rues que je rapporte à mes enfants le soir », dit encore Aurélie. Des récits parfois déjà connus, à la fois insoutenables et édifiants, tant ils recèlent d’humanité. Comme un miroir tendu à une époque où la défiance est partout exaltée, et où l’on se découvre encore capable du beau geste, du bien, de solidarité. « C’est assez fou mais je crois qu’il y a ici tout ce qui faisait de nous une cible : l’ouverture à l’autre, la capacité d’aimer, de réfléchir, de partager...

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