L'édito d'Anna Cabana : « Turbans volants »

©Twitter

Le 16 septembre dernier, l'iranienne Mahsa Amini est décédée pour ne pas avoir porté correctement son voile. Depuis l'Iran connaît une grande vague de révolte.

Les Iraniens viennent d’inventer le tombé de turban. D’un petit mouvement bien senti de la main, ils décalottent les mollahs qu’ils croisent dans la rue et postent sur les réseaux la vidéo
de ce défi qui n’a rien d’anecdotique. Pas seulement parce qu’il est pratiqué par de plus en plus d’Iraniens, quels que soient leur sexe et leur âge – jusqu’aux enfants. Mais surtout parce qu’il offre la preuve, le signe, le signal, même, que la révolte pour la liberté qui embrase l’Iran depuis la mort de Mahsa Amini s’est transformée en un soulèvement contre le régime.

La peur change a changé de camp

Depuis la mi-septembre, donc, les femmes ont ouvert le feu – en commençant par y jeter leur voile – et maintenant toute la société renverse les turbans. Renverser les mollahs par leur turban, c’est simple et tonitruant comme un cri de ralliement. Dans certaines de ces vidéos, un rire accompagne le geste. Un rire, oui. Écoutez-le, écoutez-les tous, ces rires, il faudrait être fou pour croire qu’il s’agit d’un détail. Ces rires disent l’espoir. Et plus important encore : ils disent que la peur a changé de camp. Il n’est que de voir l’ahurissement qui fige le visage des mollahs, ces auxiliaires d’un pouvoir théologique, lorsque leur est ôté l’étendard de leur raison sociale, morale et religieuse. Parfois leurs yeux sont comme traversés par un éclair d’inquiétude devant la solidarité que les passants opposent à cet...

Lire la suite de l'article sur Elle.fr

A lire aussi