L'édito de ELLE : « Queen Size »

©Brian Aris/Camerapress/ Gamma Rapho

Sa première couverture de « ELLE » remonte au 15 octobre 1951. Elisabeth n'est pas encore couronnée, mais son ancienne gouvernante sort déjà ses Mémoires ! L'occasion pour notre journal de se pencher sur le destin fleur bleue de « cette apprentie reine [qui] vit avec son prince charmant ». Huit ans et quatre couvertures plus tard, le 5 février 1960, Elisabeth, mère et souveraine, fait à nouveau la Une de ELLE, qui s'interroge : « La reine doit-elle être avant tout une reine ou une mère ? » La question du travail des femmes traverse les classes et bouleverse les fondements de la société. Aujourd'hui encore… c'est l'incroyable paradoxe, le tour de force de cette monarque qui régna durant soixante-dix ans sans jamais faillir : incarner une certaine charge réactionnaire tout en épousant les contours de l'époque, symboliser une monarchie à bout de souffle mais pas sans moyens, et dire quelque chose de nos vies. Elle a tout porté : les responsabilités publiques et les frasques d'une famille dysfonctionnelle. Elle s'est trompée : tantôt trop raide, tantôt trop laxiste. Elle a navigué le désordre pour devenir, après une longue traversée du désert, cette figure maternelle, immuable, familière. Une icône pop qui ne s'exprime pas, ne s'épanche pas, à rebours des réseaux sociaux. Un être de devoir dans un monde où les gens réclament des droits. Une vieille dame vacillante, une résistante, qui jusqu'au bout a assumé ses fonctions en saluant...

Lire la suite de l'article sur Elle.fr

A lire aussi