L'édito de ELLE : « Solde de toute honte »

L'édito de la semaine.

Est-ce qu'en 2023 le monde va continuer de marcher sur la tête, tel un gigantesque scarabée renversé ? L'histoire de Florence Porcel, dont vous lirez l'interview par Dorothée Werner, en est l'exact symbole. Il y a deux ans, elle a été la première femme à porter plainte contre Patrick Poivre d'Arvor pour deux viols datés de 2004 et de 2009. L'allumette qui allait enflammer une traînée de poudre : depuis, vingt-deux plaintes ont été déposées contre l'ancien présentateur de TF1, dont onze pour viols. Cet automne, l'une des victimes, Hélène Devynck, avait publié un livre, intitulé « Impunité » (éd. Seuil), qui permettait de comprendre pourquoi elle et ses sœurs de malheur n'avaient pas hurlé, pas parlé, muselées pendant des années par une fureur silencieuse. Ce 4 janvier, Florence Porcel en publie un autre, chez JC Lattès. Dans une société qui protège et respecte les victimes, il devrait porter le titre de « proud », « fière », « culottée », « courageuse »… Il s'appelle « Honte ». Et il dissèque cette scandaleuse inversion, la honte d'avoir été violée, celle d'avoir dû raconter sa vie intime, celle d'avoir été mise en doute, jusqu'à l'idée que « la honte [est] constitutive de [la] condition de petite fille, d'adolescente, puis de femme ».

Une bonne résolution          

La honte : cette culpabilité que les mères transmettent à leurs filles juste parce qu'elles sont nées de sexe féminin, comme l'écrit Chimamanda...

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