“L’événement m’enchante toujours” : 2020 vue par Constance Debré

Constance Debré
·2 min de lecture

“Il faut être cohérent. Quand on aime les événements, on prend tout, Austerlitz et Waterloo. La légion ne se divise pas. Moi c’est quand il ne se passe rien que j’ai l’impression de crever. Ce que je veux vivre c’est l’amour et la mort. Cette année j’ai été servie. En 2020 le roi n’est pas mon cousin. Dans ma vie à moi, dans ma vie qui n’est qu’à moi, dans ma vie qui est celle de tous aussi, celle du nous, d’un nous plus palpable, plus réel et franc. Du neuf partout. Changement des conditions. Dans une parfaite correspondance, du monde et de l’intime, mettant tout au carré plutôt qu’en somme idiote. 2020 je la prends tout entière, de haut en bas, en large et en travers, cette année cul par-dessus tête, je l’ai adorée. J’ai tenu dans mes bras un mort et des vivants, j’ai déménagé dix fois, changé de villes, de maisons, de lits, j’ai aimé, nagé, couru, écrit : j’en veux encore.

L’événement m’enchante toujours. Parce qu’il me déplace, parce qu’il me distrait, parce qu’il me bouleverse, parce qu’il m’intéresse, parce qu’il me fait réfléchir, parce qu’il me rend moins con, parce qu’il m’attrape me colle dans la machine et m’essore, parce qu’il me fait des choses dans le corps et dans le cortex. Aimer l’événement en tant qu’événement ne signifie pas l’approuver quel qu’il soit. L’événement se juge. Je ne vis pas Va petit mousse le vent te pousse. C’est la liberté qui m’intéresse. Que ça. Dans ma vie, dans mon travail d’avocat quand j’étais avocat, et maintenant d

Lire la suite sur lesinrocks.com