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L’Allemagne n’arrive pas à faire revenir ses expats

Stefan Enchelmaier et Thomas Krebs sont tous les deux allemands, professeurs de droit et enseignants à Oxford. Ils ont tous les deux postulé au même poste à l’université de Leipzig. Il s’agissait d’une création de poste pour un nouveau programme d’enseignement de droit international en anglais. L’un a été classé premier, l’autre deuxième. Le premier a décliné la proposition, le deuxième aussi, rapporte le Spiegel, qui voit dans leur cas l’illustration parfaite du manque d’attractivité de l’Allemagne, qui ne sait pas attirer les expatriés ni faire revenir ses talents. Les raisons de leurs refus sont les mêmes : les conditions de travail et d’accueil n’étaient pas à la hauteur.

“Stefan Enchelmaier est un bon exemple de cette fuite des cerveaux : toute sa formation, depuis le premier semestre de droit, philosophie et latin à Cologne jusqu’à son habilitation à Munich, s’est déroulée en Allemagne. La Grande-Bretagne profite de sa main-d’œuvre – sans avoir investi un sou dans son éducation”, déplore le magazine. Stefan Enchelmaier aurait aimé “rendre quelque chose à l’État allemand”, et quitter l’Angleterre du Brexit, mais le salaire proposé est bas par rapport aux responsabilités. Sur le campus d’Oxford, il ne paie pas de loyer ni une grande partie de ses frais annexes et accède à la cantine gratuitement.

Les expatriés se disent victimes de discrimination

Pour Thomas Krebs, le problème majeur était la scolarisation de sa fille aînée. Très bonne élève dans le système britannique, elle ne pouvait bénéficier d’une équivalence de façon simple dans le système allemand, n’était même pas sûre d’avoir une place dans un établissement public tandis que l’employeur de son père refusait de payer les frais de scolarité du lycée international. Pour les Krebs, l’absence d’équivalence est “une discrimination à l’encontre des expatriés allemands, qui, selon eux, viole également le droit européen”.

Autre difficulté : la bureaucratie, qui rend l’accueil de collègues étrangers au sein de programmes de recherche particulièrement fastidieux. Justus Meyer, professeur de droit à Leipzig, confie par exemple payer de sa poche une partie des frais et évoque le fréquent “sentiment de malaise” qui a poussé certains de ses collègues à “rompre la coopération avec des universités étrangères simplement parce qu’ils ont honte de ne pas pouvoir offrir aux invités étrangers en Allemagne quelque chose d’adéquat”.

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