L’amour aux temps du Corona

Alix Girod de l'Ain

Notre éditorialiste Alix Girod de l’Ain nous raconte ses premières heures de confinement et les nouvelles façons de prendre soin les uns des autres qui se mettent en place autour d’elle.

Enfermés, confinés... Derrière l’angoisse de toute cette période, quelque chose d’inattendu est en train de se mettre en place. Comme si nous étions tous, collectivement, en train d’inventer de nouvelles façons de prendre soin des autres. Comme si nous étions passés dans une autre dimension, où la façon de se montrer que l’on s’aime se redéfinit peu à peu, par petites touches impressionnistes... « L’amour aux temps du Corona », pour pasticher le titre de Gabriel Garçia Marquez, ça ressemble à ça :

J’ai vu mon smartphone sonner, vibrer, carillonner de messages entrants, comme jamais. Depuis dix ans, on ne se parle presque plus en direct, tout passe par les SMS ou les mails, mais là, on ré-entend des voix. Inquiètes, prévenantes, tendres. Et moi qui suis une piètre « téléphoneuse », je suis heureuse que les forfaits illimités existent, car je passe des heures à appeler mes proches. Et tous, je crois, essayons de trouver la voix juste, pas trop alarmiste quand on appelle des personnes âgées ou des enfants, et complètement débile quand on parle aux potes. On se raconte les rumeurs, toutes ces corona-conneries. Plus c’est bête, plus on rit. 

J’ai vu ma mère, une toute jeune femme comme on l’imagine, se marrer comme une baleine car des hordes de gens lui ont proposé de faire ses courses : « Comment savent-ils que j’ai plus de 70 ans ? » rigole-t-elle. La vraie question, maman, c’est « comment t’as fait pour qu’il...

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