L’amour et la violence : pourquoi la série “Normal People” fascine

Olivier Joyard
Normal People/BBC

On apprenait il y a quelques jours le projet de remake pour HBO de Scènes de la vie conjugale, la minisérie de Ingmar Bergman diffusée à la télé suédoise en 1973, par le scénariste israélien Hagai Levi. De la part de celui qui a écrit In Treatment et The Affair, on attend avec impatience un point de vue contemporain sur les beautés et les ravages de l’amour au fil du temps, Scènes de la vie conjugale fonctionnant de manière rétrospective, quand un couple en pleine crise revient sur sa vie commune. Mais avant que cette promesse ne sorte de terre, une autre série toute fraîche vient combler notre envie d’introspection et d’intimité. Normal People raconte elle aussi un amour traversant les années, mais de l’autre côté du spectre : il est question d’une love story naissante, de sa consolidation, des épreuves qui la rendent à la fois irrésistible et peut-être impossible.

Marianne et Connell se rencontrent au lycée près de Dublin, au moment où leur adolescence entame son crépuscule. Ils vont se percuter violemment. Elle est une gosse de riche harcelée par d’autres élèves qui la détestent ; lui, un fils de femme de ménage qui s’affirme en tant que star académique et sportive. A l’origine se trouve un roman de Sally Rooney, jeune autrice irlandaise qui a supervisé elle-même l’adaptation de son texte. Et cela se voit, car Normal People respecte ce qui fait le sel de l’his

Lire la suite sur lesinrocks.com