Laïcité: deux adolescentes interpellées et placées en garde à vue après avoir menacé une CPE de Troyes

Deux jeunes de 17 et 18 ans ont été interpellées le 12 septembre à Nîmes, dans le Gard, par la sûreté départementale, et placées en garde à vue, après avoir menacé une conseillère principale d'éducation (CPE) qui avait refusé l'entrée de son établissement à une élève en raison de sa tenue "non conforme à la laïcité", a appris BFMTV de sources concordantes, confirmant une information d'Europe 1.

La jeune femme âgée de 18 ans a été placée sous contrôle judiciaire et a été convoquée après déferrement devant le procureur de la République pour être jugée en mars 2024, a appris BFMTV de source judiciaire.

L'adolescente mineure a été déférée devant le délégué du procureur. Ce dernier lui a notifié une mesure de réparation pénale qui porte sur la citoyenneté et les valeurs de la République, réalisée sous le contrôle et la direction de la protection judiciaire de la jeunesse. Toutes deux présentent des casiers judiciaires vierges.

L'entrée dans un collège refusée à une élève

Le 7 septembre dernier, la CPE refuse l'accès de son établissement, un collège situé à Troyes, dans l'Aube, à une élève scolarisée en classe de cinquième et lui demande d'aller se changer.

Le motif: elle porte, selon la CPE, une abaya, interdite dans les écoles depuis la rentrée scolaire. Contacté par BFMTV, le rectorat assure de son côté que la collégienne s'est plus exactement vu reprocher de porter une "tenue non conforme au principe de laïcité".

La mère de la mineure est ensuite reçue par l’établissement et l’entretien "se déroule sans difficultés apparentes", toujours selon le rectorat.

La CPE visée par des menaces et des insultes

Mais le lendemain, la CPE se présente dans un commissariat pour déposer plainte. Elle affirme aux forces de l'ordre avoir reçu des SMS sur son téléphone professionnel, ainsi que des appels téléphoniques malveillants contenant des insultes et des menaces, après que son numéro de téléphone a été diffusé sur les réseaux sociaux.

L'ensemble de la hiérarchie de l'établissement est informé et la CPE est placée sous protection policière. Les auteurs de messages sont identifiés et les informations portant sur la CPE sont retirées des réseaux sociaux.

Le rectorat de Reims, dont dépend Troyes, assure auprès de BFMTV que "la CPE a reçu le soutien personnel du recteur de l’académie". "La directrice académique des services de l’Éducation nationale s’est rendue sur place dès le lundi 11 septembre matin avec un inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional (IA-IPR) établissement vie scolaire (EVS) afin d‘accompagner les personnels de l’établissement", soutient encore le rectorat.

Par ailleurs, "des échanges avec les élèves autour des devoirs de chacun dans le cadre de la liberté d'expression et du respect des valeurs de la République ont été organisés" dès le 11 septembre. "La sérénité est dès lors rapidement revenue au sein de l’établissement", assure le rectorat.

Article original publié sur BFMTV.com