Quand l'Académie des César lance ses purges

Par Jean-Luc Wachthausen
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La statuette sculptée par César pour l'Académie des arts et techniques du cinéma.
La statuette sculptée par César pour l'Académie des arts et techniques du cinéma.

Le communiqué est tombé comme un couperet : à l'issue d'une assemblée générale de 164 membres (élus à parité hommes-femmes) et d'un vote sur les modifications statutaires, l'Académie des César a décidé par 134 voix pour, 6 contre et 15 abstentions, de rayer les 18 membres de droit qui siégeaient jusqu'alors à cette assemblée.

Dans le viseur : Roman Polanski, qui ? suprême offense ? avait décroché cette année le César du meilleur réalisateur avec J'accuse, et l'ancien président Alain Terzian, à qui l'on reprochait sa gestion opaque. La purge ne s'arrête pas là puisque d'autres noms célèbres s'ajoutent à la liste, Costa-Gavras, Danielle Thompson, Régis Wargnier, l'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob, Philippe Labro, Jean-Jacques Annaud, Claude Lelouch, Michel Hazanavicius, sans oublier Jean Dujardin, Juliette Binoche et Marion Cotillard, devenus membres de droit grâce à leur oscar.

Un limogeage qui fait tache

Des glorieux aînés bénévoles (trop vieux, paraît-il) et qui n'ont jamais démérité dans la bonne marche de cette académie qui, faut-il le rappeler, n'a fait que valider le vote démocratique de ses 4 300 membres. On peut imaginer qu'un cinéaste comme Roman Polanski qui, tout au long de sa carrière, a été primé dans le monde entier (oscar, lion d'or à Venise, Palme d'or à Cannes, césar, etc.), doit se moquer d'une telle vexation qui s'ajoute à son exclusion des Oscars. Visé par des accusations de viol sur mineure, sa présence déchaînait l'ire [...] Lire la suite