Les grandes étapes du développement moteur de bébé

Caroline Marie

Avant de devenir un véritable athlète, bébé passe par plusieurs étapes : à quatre pattes, assis, à genoux, debout… Michèle Forestier, kinésithérapeute, les décrypte et nous explique en quoi ces étapes sont importantes, bien plus que l’âge auquel elles sont franchies.

 


Ce qu’il faut savoir sur le développement moteur de bébé

L’âge n’est pas forcément un repère

Le développement moteur est totalement variable d’un enfant à l’autre. Il n’y a pas d’âge précis et de règles, explique Michèle Forestier. Mais de grandes étapes que bébé franchit à son rythme. Il ne faut donc pas se fier uniquement aux indicateurs du type « à chaque âge une position ou un comportement ». Cela n’a pas de sens et engendre parfois des inquiétudes inutiles, ajoute Michèle Forestier.

 

Le « mouvement » est primordial

Bébé est un personnage en mouvement, poursuit Michèle Forestier. Il ne faut pas accorder autant d’importance aux positions assises et debout qui font souvent la fierté des parents. Ces positions sont figées, or ce qui compte dans le développement moteur de l’enfant, c’est son mouvement perpétuel, le fait de passer d’une position à une autre de manière autonome et de se déplacer à la rencontre de l’environnement.

 

Les principales étapes du développement moteur

Le développement moteur est jonché d’une série d’étapes, de sa position initiale sur le dos à la marche assurée. Ce qui compte, c’est que bébé traverse ces phases une par une et à sa vitesse. Pourquoi ? Parce que passer par toutes ces moments permet d’être à l’aise avec son corps, de le découvrir, et de vivre toutes les expériences nécessaires au bon développement moteur. Ces étapes sont naturelles et ne doivent pas être forcées par les parents. Bébé doit les aborder seul.

 

Du quatre pattes à la position assise

A partir de 10 mois, bébé débute le quatre pattes. Il a bien souvent terminé sa phase « statique » : allongé sur le dos, il a pris conscience de son corps et a compris qu’il pouvait se retourner. Une fois sur le ventre, sa curiosité l’invite alors à se déplacer. C’est une étape très importante. Il rampe, il glisse, et fait appel à l’équilibre pour avancer à quatre pattes. Il développe sa musculature au niveau des bras, ce qui le protègera plus tard quand il tombera. C’est une expérience très enrichissante qui lui permet de franchir des obstacles et de grimper partout.

En poussant sur ses bras, il se retrouve sur les fesses. Il est indispensable qu’un enfant s’asseye de lui-même. Cela peut prendre un certain temps, mais il ne doit pas être forcé par ses parents qui le positionneraient trop tôt.

 

De la position assise à debout 

Entre ses 8 et 12 mois, bébé alterne le quatre pattes et les pauses assises, pour se retrouver à genoux et décoller les fesses du sol. Naturellement, il pose un pied devant lui et se redresse. C’est l’aboutissement d’une construction logique. Le petit est enfin prêt à marcher !

 

Ca y est, il marche

L’âge de la découverte de la marche peut être très variable. Un enfant marche souvent entre 10 et 18 mois selon son agilité. Une fois debout, il acquiert l’équilibre. Il commence à se déplacer le long d’un support. Puis s’appuie aux murs, ce qui est plus difficile. Il va chercher des objets qui roulent ou glissent, auxquels s’appuyer. Tout cela représente des expériences intéressantes. Les parents doivent l’encourager mais sans lui tenir systématiquement la main. Il doit découvrir seul les sensations. Si le parent le soutient, il encaisse à la place de bébé les déséquilibres. Or bébé doit les ressentir pour progresser !

 

Et l’athlète surgit !

Vers trois ans, bébé pourra monter les escaliers debout. La course viendra naturellement. Pour courir, un enfant a besoin de se propulser avec l’aide de ses pieds. Lors de ses expériences passées, il a appris à le faire, en passant de la posture assise à celle debout. Toutes les étapes ont un rôle essentiel, insiste Michèle Forestier. Grâce à elles, bébé appréhende mieux l’espace et son corps dans l’espace. Il peut partir à l’aventure.

 

Et s’il ne marche pas ?

Quand faut-il s’inquiéter ? Il est vrai qu’à partir de 16 -18 mois, on peut tirer la sonnette d’alarme. Mais encore une fois, l’âge n’est pas le premier indicateur, explique Michèle Forestier. Si un petit de 16 mois ne marche pas mais se rue à quatre pattes dans la maison en restant actif, alors il n’y a rien de grave. Il prend son temps et vit ses étapes à son rythme. Cependant, ajoute Michèle Forestier, un bébé de 16 mois qui ne marche pas et ne se déplace pas, doit davantage interpeller. En cas d’inquiétude, il ne faut pas hésiter à consulter son pédiatre.

 

Merci à Michèle Forestier, Kinésithérapeute, qui consacre son temps à la rééducation des bébés en difficultés. Elle est l’auteur de En marche pour la vie aux éditions Thot et de De la naissance aux premiers pas aux éditions Erès.