Leïla Slimani : « La littérature fait partie de ma vie de manière charnelle »

Anne Michelet
·2 min de lecture

Dans « le Parfum des fleurs la nuit* », l’écrivaine nous raconte sa nuit au musée, à la Pointe de la Douane, à Venise. Un texte superbe entre Orient et Occident, dans lequel elle se dévoile avec pudeur et élégance. Du Maroc, où elle écrit le tome 2 de son roman « le Pays des autres** », elle nous parle avec sensibilité, justesse et intelligence.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans l’idée de participer à la collection « Ma nuit au musée » lancée par Stock ?
Leïla Slimani -
Etre enfermée, être dans un lieu dont je ne pourrais pas sortir et où personne ne pourrait entrer, être dans un endroit où rien ne peut me déranger, où j’ai la nuit entière pour moi… C’est malgré tout assez rare d’avoir un lieu complètement à soi. C’est un fantasme d’écrivain, car il n’y a pas d’écriture sans véritable isolement. Quand j’ai commencé à écrire, dans les moments où j’étais bloquée, mon éditeur me disait de m’isoler de tout, de ma famille, de mes amis… Il avait raison. C’était le seul moyen d’avancer. Il fallait cet isolement mental où l’on se détache des préoccupations quotidiennes et physiques, dans un endroit à soi, consacré à l’écriture.

Le confinement ne perturbe donc pas l’écrivaine que vous êtes ?
Leïla Slimani - Si, paradoxalement. La solitude de l’écrivain est choisie et se fait alors que la vie continue ailleurs. Volée, elle devient un privilège, un luxe, un bijou que l’on protège. A contrario, dans le confinement, il y a à la fois l’idée d’un enfermement subi qui empêche la concentration, mais également une certaine angoisse peu propice à la création. Tous mes amis écrivains m’ont dit qu’ils n’avaient pas réussi à écrire une ligne pendant le confinement. D’une part, parce que nous sommes souvent confinés avec...

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