Le diktat du “summer body” est mal vécu par plus de la moitié des Français

Katia Rimbert
Journaliste
(Crédit photo : Getty Images)

À quelques jours du début de l’été, le “summer body” est partout. En couverture des magazines, sur les réseaux sociaux et dans la tête de beaucoup de personnes, comme un objectif à atteindre absolument avant de mettre un pied à la plage. Une étude, menée par l’application Feeleat, dévoile l’impact de cette injonction sur les Français. Et ce n’est pas joli.

Tous les ans, c’est la même rengaine. À l’approche de l’été, on nous martèle qu’il faut qu’on rentre dans ce f***ing maillot de bain par tous les moyens, qu’on perde nos bourrelets et nos poignées d’amour pour exhiber fièrement un corps dit “parfait” à la plage. On nous répète inlassablement qu’il faut qu’on soit au top (comprenez comme les it girl retouchées sur Instagram et les mannequins sur papier glacé) : les fesses rebondies, le ventre ultra plat, pas une once de cellulite… Bref, une plastique comme on en voit en couverture de tous les magazines féminins dès le mois de juin.

Même avec la crise sanitaire, les femmes n’ont pas été épargnées. De nombreuses féministes s’étaient insurgées contre les injonctions faites aux femmes pendant le confinement. Et quand la fin de l’isolation forcée a sonné, le “déconfinement body” a laissé place au “bikini body” pendant que le magazine Elle nous invitait à “déconfiner [nos] kilos” en Une, ce qui avait déclenché une vague de critiques. Il serait peut-être temps de laisser nos corps tranquilles et de dire (enfin) stop, non ? Surtout quand on sait que cette fameuse quête du “summer body” est mal vécue.

Contraint.e de rentrer dans le moule

Une enquête réalisée sur 1200 Français par l’application Feeleat, qui permet de gérer son alimentation, révèle que si 92% des sondés ont déjà entendu parler du terme “summer body” (en même temps, difficile d’y échapper) et 60% y voient une connotation négative. Ce diktat est tellement puissant qu’il a une influence sur les comportements alimentaires et la santé mentale.

Pour cause, le sondage - effectué en le 15 juin dernier - révèle que 86% des interrogés ressentent une pression autour de cette recherche du corps parfait, 69% disent ressentir “une pression médiatique à perdre du poids avant l’été” tandis que 76% ressentent “une pression supplémentaire sur la gestion de leur alimentation” à cette même période. Mais pour qui se mettent-ils la rate au court-bouillon, comme ça ? Pour eux-mêmes mais aussi (et surtout ?) pour les autres puisque 54% ont peur de l’image qu’ils vont renvoyer à leurs amis alors que 30% appréhendent le regard de leurs familles. Pour la bienveillance, on repassera.

Un risque de troubles alimentaires accru

Résultat, ça se traduit souvent dans l’assiette et dans la tête. Le sondage affirme en effet que 30% des Français “ont des idées plus sombres à l’arrivée de l’été”, 28% ont moins de plaisir à manger tandis qu’un quart de la population change son alimentation du tout au tout avant la saison estivale.

Que vous vouliez vous sentir bien dans votre bikini, c’est votre choix. Mais cela peut être dangereux puisqu’il est possible de développer des troubles alimentaires et des maladies liées à l’alimentation (anorexie, orthorexie, boulimie…), des comportements obsessionnels (régimes à outrance, comptage des calories…) ainsi qu’un mal-être plus global. Il y a encore du boulot avant de s’accepter tel.le que l’on est.

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