Le prince Philip est-il le plus grand féministe de la famille royale ?

Le duc d’Édimbourg n’est pas le premier membre de la famille royale qui nous vient à l’esprit quand on pense aux défenseurs du féminisme.

Le monde était bien différent lorsque le prince Philip a épousé Elizabeth, alors qu’elle avait encore le statut de princesse, en 1947.

La reine était encerclée d’hommes en position de pouvoir lorsqu’elle est montée sur le trône en 1952, qu’il s’agisse du gouvernement, de son personnel et de ses conseillers. Le pays a bien changé depuis, mais Sa Majesté reste un point de référence constant et est devenue une dirigeante du monde bien avant que d’autres femmes ne prennent le pouvoir à leur tour. Elle est donc considérée par beaucoup comme une icône féministe.

Le duc, qui marche quelques pas derrière l’un des monarques les plus célèbres au monde depuis près de 7 décennies, serait ainsi devenu un “féministe accidentel”, d’après une description vue dans le Times.

Elizabeth est devenue reine bien plus tôt que prévu suite au décès soudain du roi George VI en 1952. Elle et Philip n’étaient mariés que depuis cinq ans et avaient deux jeunes enfants, Charles et Anne.

La Reine et le duc d’Édimbourg en juin 2018 [Photo: Getty]

La vie d’Elizabeth, alors âgée de 25 ans, a été complètement chamboulée, tout comme celle de Philip, qui était en train de bâtir sa carrière dans la marine et venait de participer à la Seconde Guerre mondiale. Sa carrière active dans la marine a pris fin en 1951 et il a été promu “Commander” de la Marine royale en 1952.

Philip a été forcé d’abandonner sa carrière et n’a pas pu transmettre son nom de famille à ses enfants. Il espérait que son nom de famille Mountbatten soit ajouté au nom Windsor une fois Elizabeth au pouvoir.

Mais, Winston Churchill a insisté pour que la famille royale reste la Maison de Windsor, même si cela a fini par être modifié plus tard.

Philip aurait confié : “Je ne suis rien d’autre qu’une pauvre amibe. Je suis l’unique homme du pays incapable de transmettre son nom à ses propres enfants”.

Philip vêtu de son uniforme en 1946 [Photo: PA]

Suite au couronnement de la reine en 1953, Philip a soutenu sa femme dans le cadre de ses fonctions de souveraine, et ce jusqu’à sa retraite à 96 ans en août 2017. Il a complété 22 219 engagements en solo depuis 1952.

Ce dévouement unique pousse certains connaisseurs de la famille royale à penser que le duc serait l’un des premiers féministes.

Roya Nikkhah, correspondante royale pour The Sunday Times, s’est exprimée sur ‘The Royal Box’ de Yahoo UK : “Je dois dire qu’un homme qui, au début des années 1950, était sur le point de devenir un haut gradé et d’atteindre les sommets de la marine, s’il n’avait pas abandonné sa carrière dans la marine… Il n’était même pas capable de transmettre son propre nom à ses enfants et est resté aux côtés de sa femme pendant près de 70 ans”.

“Mais, qui, comme le confie la Reine, est son point de repère, toujours le chef de famille”.

“Un homme qui, d’une certaine manière, a soutenu sa femme tout au long d’un règne réussi… Je trouve qu’il s’agit d’une réussite incroyable. Il a soutenu la reine, probablement la femme la plus célèbre au monde, pendant sept décennies. Si ça n’est pas un modèle de féminisme, ça !”.

Le duc lors de sa dernière mission officielle à l’occasion du défilé “Captain General’s Parade” en août 2017 [Photo: Getty]

L’historienne Anna Whitelock précise :  “Je pense qu’avec le temps, le parcours du prince Philip sera reconnu à sa juste valeur, même si les gens ne réalisent pas encore cela aujourd’hui”.

“Nous nous moquons parfois de ses indiscrétions, mais il a réellement contribué à la modernisation de la monarchie. Il a eu un impact énorme sur la monarchie, même si peu de gens le reconnaissent actuellement”.

“Dire qu’il est impressionnant ne lui rend pas justice vu tout ce qu’il a fait et réalisé, en restant simplement aux côtés de la reine toutes ces années. Faire cela à travers des périodes de changements politiques et sociaux est absolument remarquable et inédit”.

Danielle Stacey