Les ondes, dangereuses pour la santé

Après de très nombreuses études menées par différents acteurs, on peut aujourd’hui dire que oui les ondes présentent un danger. Même s’il est encore difficile de savoir quelle fréquence, quel degré ou quelle exposition entraine quoi, on peut raisonnablement affirmer que moins nous y sommes exposés, mieux on se porte et on se portera plus tard.

Les objets connectés sont de plus en plus nombreux et quand on parle d’ondes, on pense le plus souvent en premier au téléphone portable : forcément quand on prend conscience qu’il émet des ondes juste à côté de notre cerveau, cela nous préoccupe soudain. Mais au-delà du portable, quand on y pense, en y ajoutant ordinateurs en Wifi, tablettes, four micro-ondes (comme son nom l’indique) mais aussi babyphones et autres jouets connectés, si on tente de les visualiser mentalement, on se rend compte que notre environnement en est infesté et que ces objets nous amènent à supporter des ondes électromagnétiques partout et en permanence! Un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire et de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a d’ailleurs pointé du doigt les risques pour les enfants, qui y sont malheureusement exposés de plus en plus, et de plus en plus tôt.  Avez-vous jamais songé que le fœtus les perçoit même depuis le ventre de sa mère ? (ouvrant d’ailleurs la voie au marché des tissus anti-ondes comme chez Belly Armor avec des ceintures pour femmes enceintes.)

Le journaliste scientifique Maxence Layet a récemment publié un livre « Atténuer les effets des ondes au quotidien ». Pour lui, s’en protéger « c’est le fait d’être acteur et actif par rapport à ce risque, et d’apprendre à gérer ce risque par nous-même ». Le livre propose d’ailleurs un test pour évaluer quel est le degré d’exposition de chacun en fonction de notre environnement.

Mais il est des ondes que l’on ne saurait pouvoir contrôler : celles des antennes relais des opérateurs de téléphonie. L’association Robin des Toits s’est d’ailleurs emparée du sujet et bataille pour informer la population en dénonçant les abus et le forcing des compagnies de téléphonie mobile. L'objectif de l'association est une réelle réglementation abaissant les normes d'exposition du public, obligeant les industriels à des études d'impact sanitaire avant tout lancement de nouvelle technologie.

En effet, le lobby des opérateurs n’a jamais digéré le vote de la loi Abeille sur les ondes du 9 février 2015. « Il avait fallu 3 ans pour faire voter cette loi qui permettait de limiter l'exposition du public aux radiofréquences émises par les technologies du sans-fil (antennes-relais, portables, wifi etc.), qui redonnait des pouvoirs aux élus locaux, qui introduisait de la démocratie autour du déploiement de ces équipements. » explique l’association. Or « dans la nuit du 11 au 12 octobre 2016, le lobby s'est trouvé quelques députés obligeants qui ont fait passer des amendements dans une loi sur les territoires de montagne, pour réduire à rien les dispositifs démocratiques mis en place par la loi Abeille autour de l'implantation des antennes-relais, ceci avec le soutien du ministre de l'aménagement du territoire Jean-Michel Baylet. » un exemple frappant  où ce monsieur, également ministre des collectivités territoriales, a préféré soutenir les opérateurs et priver les élus locaux et les citoyens de leurs droits à l'information et à la concertation. Et les cas où nous sommes mis devant le fait accompli sont nombreux.

Pourtant, pour l'Organisation Mondiale de la Santé, les radiofréquences sont des « cancérogènes possibles ». Le seuil maximum autorisé pour les antennes relais est le même depuis 14 ans (!) soit de 41 à 60 volts par mètre. Or quand une antenne est posée, aucun agent de l'Etat, ni de la mairie ne vient vérifier le voltage sur lequel est réglée l'antenne. Les autorités n'en ont pas le pouvoir sauf à ce que les habitants le fassent vérifier par l'Agence Nationale des Fréquences. Et tout ça, en cas de non-conformité (ce qui est la majorité des cas selon l'ANFR), pour espérer obtenir de revenir à ce taux maximum de 60 volts/m, déjà 100 fois supérieur à ce qui serait sanitairement acceptable…

Pourtant, les antennes-relais arrosent d’ondes leur environnement, qu’il s’agisse d’un hôpital ou d’une crèche !

C’est par exemple le cas dans le 9eme arrondissement à Paris auquel s’attelle l’association : une antenne-relais de téléphonie mobile 4G Free doit en effet être installée 43 Bd de Clichy, juste à côté d’une crèche qui accueille de jeunes bébés et des enfants handicapés… alors même que l'Assemblée nationale a adopté en janvier 2015 -via la fameuse loi Abeille- l’interdiction de wi-fi dans les crèches, les risques sanitaires étant plus forts chez les jeunes enfants. Pour les mêmes raisons, la mairie du 9ème avait elle-même émis un avis défavorable à la pose de cette antenne en mai 2015. En effet, ces enfants sont déjà bien exposés puisque trois antennes relais sont déjà en place, l’une sur l’immeuble contigu et deux en face. Les mesures d'exposition de l’antenne-relais Bouygues installée en face de cette même crèche par exemple, ont d’ailleurs révélé une exposition de 0,94 V/m, soit 0,34 V de plus que le seuil recommandé par l'Organisation Mondiale la Santé…

Bonne nouvelle de dernière minute : à partir du 1er janvier 2017, les entreprises devront protéger leurs employés contre l’exposition aux champs électromagnétiques. Cette mesure provient d’un décret (Décret no 2016-1074 du 3 août 2016 relatif à la protection des travailleurs contre les risques dus aux champs électromagnétiques) issu d’une directive européenne et « vise ainsi à améliorer la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs, qui reposait jusqu’alors sur les seuls principes généraux de prévention» les employeurs devront donc évaluer les risques et en consigner les résultats. Si une entreprise dépasse les seuils, elle devra mettre en place une approche graduée et adapter les postes de travail…

Après le tabac, l'amiante, les pesticides et la pollution au diesel,  de nombreux scientifiques sérieux, au nombre desquels Dominique Belpomme (notamment connu pour ses travaux sur les effets des pesticides et les produits toxico-chimiques), voient dans les ondes le prochain scandale sanitaire. Sachant que pour chacun de ces scandales, la prise de conscience a été longue, malgré les alertes, qu’attend l’Etat pour freiner les ambitions des opérateurs ?

Plus d’infos sur la réglementation et ses écueils ICI, avec de nombreux liens utiles (http://www.robindestoits.org )