Lescop : “Rendez-nous l'accès aux disques et aux livres”

Franck Vergeade
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Lescop ©Thibault Della Gaspera
Lescop ©Thibault Della Gaspera

“Printemps 1988, je ne me souviens plus du jour exactement, mais j'ai bientôt dix ans. J'ai reçu une solide éducation marxiste, et à l'instar de Trotski qui refusait de donner des pourboires aux serveurs américains pendant son exil new-yorkais, parce qu'il trouvait cette pratique humiliante pour la classe ouvrière, mes parents ne pratiquaient pas une politique d'abondance en matière d'argent de poche. Mais, bref, passons, en économisant un peu je pouvais m'acheter un disque ! Et c'est comme ça que j'ai acheté mon premier disque : Devil Inside d'INXS. Pour moi, ce disque-là, comme bien d'autres, c'était un éveil, c'était le début de la curiosité, une curiosité qui m'amènera plus tard vers le cinéma, le théâtre, les romans, les poèmes…

Every single one of us the devil inside”, nous avertissait Michael Hutchence, refrain qui avait le mérite de pouvoir à la fois être pris comme une invitation à la débauche, ou bien comme une ode à l'humilité. J'ai choisi la deuxième interprétation : nous sommes tous des êtres imparfaits, sans doute foncièrement un peu cons, mais grâce à la culture, grâce aux chansons, grâce aux livres on devient plus curieux, plus empathiques. Faut-il vraiment nous priver de l'accès à tout ça en nous refusant l'accès à l'achat de disques et de livres ? En temps de crise, on peut se rapprocher au-delà de nos convictions personnelles, faire des efforts,

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