Lina Ben Mhenni, le repos d'une guerrière

Hind Meddeb

Figure majeure de la révolution tunisienne, la blogueuse militante est décédée sans avoir jamais baissé les armes. Son amie, la réalisatrice Hind Meddeb*, lui rend hommage.

Mardi 28 janvier, elle a eu droit à des funérailles nationales. En Tunisie, la tradition veut que les femmes restent à l'écart des cortèges funéraires. Mais pour accompagner Lina Ben Mhenni jusqu'à sa dernière demeure, des Tunisiennes ont pu porter son cercueil. Jusqu'au jour de son enterrement, Lina aura bousculé les normes de cette société patriarcale. La jeune femme, qui militait sans relâche pour la justice sociale, l'égalité entre les femmes et les hommes, la laïcité et l'accès aux soins dans une société minée par la corruption des élites et l'effondrement des services publics, aura lutté jusqu'au bout avant de s'en aller, le 27 janvier dernier à l'âge de 36 ans, emportée par une maladie auto-immune dont elle souffrait depuis l'enfance.               

Toute sa vie, l'audace et la liberté auront guidé ses choix. Son père, Sadok Ben Mhenni, ancien prisonnier politique du temps de Bourguiba, raconte : « Je ne la traitais pas comme un petit enfant ; je lui parlais comme à une personne à part entière. Quand je recevais mes amis militants, elle était toujours là, à écouter nos histoires de vieux taulards. » Ces épreuves ont aguerri Lina. Amina Sboui, ex-Femen tunisienne, se souvient : « Après avoir été en manif, on allait danser en boîte de nuit, elle s'en foutait de sa maladie… » Pour Azyz Amami, l'un de ses compagnons de lutte, « elle voulait vivre jusqu'à en mourir. Vivre magnifiquement jusqu'à la fin, ce bout de femme l'a...

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