Lionel Shriver : l'auteure américaine nous parle des grigris qui ne la quittent jamais

Marguerite Baux

Dans son nouveau recueil, douze nouvelles d'une finesse redoutable, l'Américaine Lionel Shriver décortique notre besoin de posséder les lieux, les objets et parfois même les gens. L'occasion de lui demander ses grigris personnels.

SON FLACON DE PIMENT                

« Je l'emporte partout, dans la poche de mon Perfecto. Je trouve que tout est meilleur avec du piment. Quand je suis invitée à dîner, je m'en sers discrètement, mais c'est surtout utile dans l'avion, où la nourriture n'a aucun goût. C'est une manière de ne pas subir. On peut y voir un point commun avec l'écriture, c'est d'ailleurs mon seul conseil à ceux qui ont envie d'écrire : faire les livres qu'ils auraient envie de lire. »                               

SA MONTRE                

« Il y a trois ou quatre ans, je me suis offert une montre Movado, qui n'a pas le moindre intérêt en soi, si ce n'est qu'une amie m'en avait offert une, que nous nous sommes disputées, et qu'elle a exigé que je la lui rende. Ma manière de l'envoyer se faire… a été d'en acheter une encore plus belle. C'est ma “revenge watch”, et ça n'a pas de prix. »                              

SON PRÉNOM                

 « À 15 ans, en arrivant dans une nouvelle école, je me suis inscrite assez arbitrairement sous le nom de Lionel. Je détestais Margaret Ann, j'avais déjà fait plusieurs tentatives pour en changer, mais celle-là a fonctionné. Je ne suis pas transgenre, mais je me suis toujours sentie androgyne. Et puis, il n'existe aucune autre Lionel Shriver, ce qui est fort plaisant. »                             

SON BIJOU PRÉCIEUX                

« En Norvège, j'ai ramassé par terre un anneau en métal, je l'ai passé à mon doigt et...

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