Ces mères qui regrettent de l'être

Florence Tredez

Dans une société où l'accomplissement de la femme passe encore beaucoup par la maternité, certaines mères avouent que, si c'était à refaire, elles passeraient leur tour. Enquête sur un tabou.

« Je fais partie des affreuses qui regrettent d'avoir fait des enfants. Mais maintenant, il faut que j'assume. Je ne veux pas les abandonner ! De toute façon, je ne peux rien y changer. Et c'est tant mieux », dit Stéphanie, 34 ans, thérapeute, mère de deux bambins de 2 et 4 ans. Regretter d'avoir mis ses enfants au monde ? Difficile de trouver une idée plus dérangeante concernant la maternité, en France, en 2019. Même si la révolution féministe est passée par là, une mère reste une mère avant d'être une femme dans l'esprit de beaucoup. Elle se doit de vivre dans l'abnégation, de penser au bien-être de sa progéniture avant le sien, voire de se sentir coupable de ne jamais en faire assez pour eux. Et même si nombreuses sont celles qui ont dénoncé la charge mentale ou les diktats qui pèsent sur leurs épaules, sur les réseaux sociaux (la dessinatrice Emma, le compte @bordel.de.meres) ou dans des spectacles ( Florence Foresti en tête), il est encore impensable d'exprimer publiquement un sentiment aussi négativement perçu que le regret. « J'arrive à en discuter avec mes copines car elles sont très ouvertes d'esprit, explique Stéphanie. Mais je ne suis pas comprise. »

La sociologue israélienne Orna Donath s'est penchée sur le sujet dans un livre, « Le Regret d'être mère » (éd. Odile Jacob). Une réponse, dit-elle, à une phrase qu'elle a entendue en faisant sa première étude sur des femmes ne désirant pas avoir d'enfant. « On leur...

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