Médicament : pour limiter les risques d’addiction, les autorités limitent l’accès à l’antalgique le plus prescrit

Seul ou associé avec du paracétamol, le tramadol, anti-douleur dérivé de l’opium, est l’antalgique le plus prescrit et consommé en France. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a modifié, ce jeudi 16 janvier, la durée de prescription des médicaments antalgiques contenant du tramadol. Les patients traités avec cet antalgique devront donc se rendre chez le médecin, tous les trois mois au lieu de 12 mois, pour se procurer une nouvelle ordonnance et poursuivre le traitement. Cette mesure rentrera en vigueur à partir du 15 avril prochain. Cette décision, prise par le directeur général de l’ANSM a pour objectif de limiter "leur mésusage ainsi que les risques de dépendance".

Tramadol : l'antalgique le plus prescrit mais aussi le plus dangereux

Depuis 2014, le tramadol a fait l’objet d’une surveillance par les autorités de santé pour ses effets addictifs. Pourtant, en 2015, près de 10 millions de Français ont eu une prescription d’antalgique opioïde, d’après les données de l’Assurance Maladie. Et deux années après, le tramadol était l’opioïde le plus consommé dans l’Hexagone devant la codéine car entre 2006 et 2017, la prescription d’opioïde a grimpé d’environ 150 %. Quant au nombre d’hospitalisation lié à la consommation d’antalgiques opioïdes, elle a également augmenté de 167 % entre 2000 et 2017. Le nombre de décès lié aux overdoses a aussi bondi de 146 % entre 2000 et 2015. D’après une enquête annuelle prospective Décès Toxiques par Antalgiques (DTA), réalisée en 2017, le tramadol est le premier antalgique impliqué dans les décès liés à la prise d’antalgiques devant la morphine.

Addiction et effets indésirables

Prescrit parfois de manière systématique pour soulager les douleurs des patients, le tramadol est le premier antalgique cité dans une enquête (examinant les ordonnances falsifiées) sur les usages problématiques à la fois chez les usagers de drogue et les patients souffrant de douleurs. En effet, cet opioïde fait l’objet de détournement. Il est le deuxième

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