Maïa Mazaurette : « L'orgasme est une coproduction »

Alice Augustin

L'une des premières « sexpertes » françaises, connue pour ses chroniques dans « Le Monde », publie un pamphlet détonant nous invitant à prendre la voie d'une sexualité pleine et solaire.

ELLE. La première partie de votre ouvrage « Sortir du trou... » veut montrer que le sexe féminin est, à tort, considéré comme un trou d'un point de vue anatomique. En quoi est-ce un problème majeur ?

Maïa Mazaurette. J'ai toujours senti une étrange déconnexion entre les représentations qu'on faisait de mon sexe et ce que j'expérimentais dans mon corps. Pour écrire mes chroniques, j'ai eu l'occasion d'observer de nombreux schémas anatomiques, et, sur la plupart d'entre eux, le vagin est représenté ouvert, comme si de l'air pouvait passer à travers ! Cela m'a rappelé des souvenirs que je raconte dans le livre. Quand j'étais au collège, j'entendais les garçons dire aux filles : « Toi, t'es qu'un trou ! » Cela peut paraître anodin, mais ce type de discours crée des représentations qui ont des conséquences réelles. Quand on dit cela, notre sexe devient symboliquement un espace construit en négatif : les hommes ont un pénis, une excroissance, et le corps d'une femme ne serait qu'un creux, une intériorité. Ce qui implique par exemple que le clitoris est supprimé d'office. Quand on parle de trou, on est dans un phénomène d'amputation.

ELLE. Vous défendez au contraire l'idée d'un sexe féminin plein et complet…

Maïa Mazaurette. Bien sûr, aucune femme ne se sent béante. J'ai le souvenir d'avoir été une jeune fille de 13 ans avec un vagin que je sentais fortement, et il y avait quelque chose qui poussait en moi quand j'éprouvais du désir....

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