Madagascar: des retraités du privé réclament une hausse des pensions

À Antananarivo, une petite centaine de syndicalistes et de retraités se sont réunis, lundi 23 mai, devant la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps), pour revendiquer l’application des textes en vigueur concernant le versement des pensions. Ils espéraient être reçus par la direction, mais ils ont trouvé porte close. À l’heure où l’inflation étrille chaque jour un peu plus la population, tous comptent bien faire entendre leur voix et obtenir gain de cause.

Reportage à Ampefiloha, au pied de l’immense tour de la Cnaps, avec notre correspondante Sarah Tétaud.

Au milieu de la foule, Martin Rakotondrazaka, 80 ans passés. Ce retraité, formé et diplômé d’une maîtrise en Allemagne, a travaillé plus de 35 ans dans l’industrie, en tant que spécialiste des machines. Sa retraite dépasse à peine les 40 euros.

« Aujourd’hui, je touche 200 000 ariary par mois. Ce n’est pas du tout, du tout suffisant pour vivre. C’est pour cela que je suis obligé d’élever des volailles et de faire de la culture, moi-même, à 81 ans. Heureusement qu’avec ma fille qui est enseignante et qui vit avec moi, on met en commun ma petite pension et son salaire. Et puis, on peut dire que je suis un peu favorisé parce que je peux encore utiliser mes mains pour fabriquer ce dont on a besoin à la maison », dit-il.

Dans sa main, un carnet noirci par des lignes de calculs. Depuis 2001, date de sa retraite, il estime que la Cnaps a omis de lui verser 49, 65 millions d’ariary, plus de 11 000 euros : « Nous, retraités, on a été vraiment très lésés par la Cnaps parce qu’elle n’applique pas les décrets en vigueur. »

À commencer par le décret pris en 2019 sur la revalorisation des pensions, mais qui jamais été mis en œuvre.

Le syndicat Randrana, une alliance de confédérations syndicales de travailleurs, et leur coordonnatrice Leontine Mbola se battent aux côtés de ces retraités floués : « Aujourd’hui, il y a beaucoup de retraités qui sont dans l’extrême pauvreté. Ils ont dépensé leur vie au travail et, finalement, malgré leurs cotisations durant toute leur vie, ils ont perçu une somme infime pour remboursement de leurs cotisations de la retraite. On revendique que ces retraités perçoivent une pension tous les mois (au lieu de chaque trimestre comme c'est actuellement le cas, NDLR) et qu’on augmente de 30 % le montant de leur pension. »

Les critères pour percevoir une retraite à taux plein (environ 65 % du dernier salaire) en tant que salarié du secteur privé restent aujourd’hui très restrictifs : avoir cotisé 60 trimestres (15 ans) dont 28 trimestres d’affilée sans interruption durant les dix dernières années de travail.

Les syndicats pointent également du doigt la gestion catastrophique de la Cnaps dont les investissements, dons ou soutiens ces dernières années ont conduit une partie de son équipe dirigeante (notamment les deux derniers directeurs généraux) à être mis en prison pour détournement de fonds.

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