Madame Claude et ses filles sous la bannière féministe

Par Jean-Luc Wachthausen
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Madame Claude sur Netflix
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« Âllo, oui, Mme Claude. » À l'appareil, la voix est claire, le ton direct, professionnel. Comme un code réservé aux initiés. Madame est là pour rendre des services. Pas n'importe lesquels. Il s'agit de prestations sexuelles haut de gamme réservées à une clientèle d'élite, considérée comme bien élevée mais pas exempte de perversité. Pas d'embrouille, on est entre gens qui veulent s'amuser en toute discrétion.

Bienvenue dans le réseau de Madame Claude, qui s'appelle en réalité Fernande Grudet, née le 6 juillet 1923, à Angers, dans une famille modeste. Fille mère à 18 ans qui a connu le trottoir, monte sa propre affaire et va régner sur le plus célèbre réseau de prostitution parisien dans les années 1960/1970, comptant parmi sa clientèle des politiques, des diplomates, des artistes, des hommes d'affaires et quelques grands de ce monde. On parle de John Kennedy et du Shah d'Iran. Depuis son appartement de la rue Marignan, à Paris, sa petite entreprise fait des merveilles et amasse des montagnes de cash. Simple comme un coup de fil, à l'époque où le téléphone est en pleine croissance, la « passe » ? ou plutôt le rendez-vous ? rapporte au minimum 10 000 ou 15 000 francs la nuit (1 500 à 2 300 euros). Les filles, ses filles, ne sont pas des « putes » ordinaires. Belles, cultivées, discrètes, elles sont repérées dans les boîtes de nuit, chez Castel et Régine, recrutées sur la base du volontariat, prises en mains et formées au métier.

« Rendre le vice joli »

Madame [...] Lire la suite