« Made in Bangladesh » : un film puissant sur le combat des femmes pour leurs droits

Catherine Robin

La réalisatrice Rubaiyat Hossain signe un film puissant sur l'envers du décor de la fast-fashion et le combat des femmes pour leurs droits.

C'est un monde que les consommateurs occidentaux ont longtemps préféré ignorer. Par commodité ou nécessité économique, ou avec le sentiment diffus de n'être pas vraiment responsables. Puis vint le 24 avril 2013. Ce jour-là, le Rana Plaza, un immeuble de Dacca, capitale du Bangladesh, s'effondre comme un château de cartes, ensevelissant les vies de centaines d'ouvrières du textile. La catastrophe fait plus de 1100 morts et 2500 blessés. L'arrière-cour glauque et sauvage de la « fast-fashion » est tragiquement mise au jour. Le monde est bien obligé d'entrouvrir les yeux. Il les ouvrira peut-être encore davantage après avoir visionné le film « Made in Bangladesh », de Rubaiyat Hossain. On y découvre le quotidien de Shimu, jeune ouvrière de 23 ans venue de la campagne, qui va mener bataille, avec d'autres femmes, pour fonder un syndicat, contre l'avis de son mari, de ses patrons, des fonctionnaires du ministère du Travail. « C'est le destin de ces femmes qui m'intéressait, explique la réalisatrice, de passage à Paris. J'ai fait des études de cinéma et de genre. La question féministe me préoccupe donc beaucoup. Je voulais montrer ces femmes autrement que comme des victimes. » Pour écrire son film, la jeune cinéaste s'est inspirée de l'histoire de Daliya Akter, enfuie de chez elle à 12 ans pour se soustraire à un mariage forcé, ayant réussi, malgré de nombreuses maltraitances, à monter un syndicat. Pour la jeune ouvrière qui accompagne...

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