"Mademoiselle de Joncquières" : le meilleur rôle de Cécile de France ?

Olivier De Bruyn
"Mademoiselle de Joncquières" : le meilleur rôle de Cécile de France ?

Depuis 15 ans, Cécile de France, la plus belge des actrices françaises (à moins que ce ne soit l’inverse) séduit et ne radote presque jamais. L’actrice enchante dans les comédies futées, comme celles de Cédric Klapisch : L'auberge espagnole, Les poupées russes. Elle emballe dans des drames où elle n'en fait jamais trop, comme dans Le gamin au vélo, des frères Dardenne. Elle adore arborer des panoplies surprenantes : bonne sœur devenue star de la chanson dans Sœur Sourire, militante féministe et lesbienne des Seventies dans La belle saison, de Catherine Corsini. Bref, depuis ses débuts, Cécile de France joue la carte de l'éclectisme et ravit en multipliant les métamorphoses inattendues.

Cette rentrée, l’actrice se surpasse dans un genre - le film en costumes - qui suscite trop souvent l'ennui. Dans Mademoiselle de Joncquières, le nouveau long-métrage d’Emmanuel Mouret inspiré par un segment de Jacques le fataliste, de Diderot, Cécile incarne Madame de La Pommeraye, une jeune veuve du 18ème siècle qui a choisi de vivre seule en son château, loin de l’agitation frivole de ses contemporains. A sa (propre) grande surprise, l’héroïne cède au charme d’un libertin surexcité : le marquis des Arcis qui, après les premiers feux de l’idylle, prend rapidement la poudre d’escampette pour draguer tout ce qui porte jupons. Furieuse et blessée, l’héroïne concocte alors une machination tordue pour faire souffrir l’infidèle, qui n’a jamais douté de ses pouvoirs de séduction.

La manipulation comme arme massive de destructi ...

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