La maltraitance des enfants, un danger pendant le confinement ?

Dorothée Werner

En vase clos avec leur famille, les victimes de maltraitance vivent une situation explosive. Devant le danger, les professionnels se mobilisent.

« Restez chez vous ! » : pour les enfants et adolescents aux parents toxiques, le mot d'ordre du confinement vire parfois au cau­chemar. Ce n'est pas une surprise pour les professionnels. Privés d'école, claquemurés avec des adultes exaspérés et/ou violents, certains d'entre eux sont poten­tiellement en danger. Un petit gar­çon de 6 ans a succombé à ses blessures dans la nuit de dimanche à lundi 30 mars, deux jours après avoir été tabassé par son père à Tremblay-en­-France (Seine­-Saint-­Denis). « C'est un cas gravissime. Nous devons être encore plus vigilants en ce moment que d'ordinaire », estime Martine Brousse, présidente de La Voix de l'enfant, une fédération d'associa­tions d'aide à l'enfance implantées sur tout le territoire, qui tient à souligner que les services sociaux, la police et la justice font un travail souvent remarquable dans ce contexte tendu. « 80 % des maltraitances verbales, physiques ou sexuelles sur les mineurs ont lieu au sein de la famille : c'est généralement le fait de la mère, du père, d'un beau­-parent, d'un grand-­parent, poursuit-elle. Depuis la fermeture des établissements scolaires, le 16 mars, tous les ingré­dients sont réunis pour rendre certaines situations explosives. Les enfants n'ont plus de lien avec l'extérieur, donc plus la possibilité de souffler et de se confier à des adultes sur d'éventuelles violences, agressions ou difficultés subies en silence entre quatre murs. »

Le nombre...

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