Comment le manque de sommeil affecte négativement votre appétit

De nombreuses études ont déjà prouvé que le manque de sommeil, répété sur une longue période, avait des effets néfastes sur la santé physique et mentale et donc sur le bien-être en général.

Mais saviez-vous que la privation de sommeil peut également avoir une incidence sur votre appétit et donc votre alimentation ?

Un repos insuffisant peut avoir des conséquences néfastes sur nos comportements alimentaires, du fait de nombreuses réactions en cascade. 

En effet, le manque de sommeil chronique - engendré par une perturbation régulière et sur une longue période, de nos besoins de sommeil - augmente le désir alimentaire et nous dirige vers des aliments gras et sucrés, souvent pauvres en nutriments. 

Une courte durée de sommeil, une mauvaise qualité de sommeil et des heures de coucher tardives sont toutes associées à une augmentation de l'apport alimentaire, à une mauvaise qualité de l'alimentation et à un excès de poids", révèle une étude publiée sur le site de la Bibliothèque Nationale de Médecine, en septembre 2013.

"Il a été démontré que le manque de sommeil augmente les collations, le nombre de repas consommés par jour et la préférence pour les aliments riches en énergie", peut-on lire dans cette même étude.

La fatigue dérègle les sécrétions de ghréline et de leptine

L’augmentation de l’appétit lorsqu’on manque de sommeil est liée notamment au dérèglement de deux hormones qui suivent naturellement le rythme circadien : la ghréline et leptine. 

"Tout modification du temps de sommeil va modifier notre équilibre énergétique et la sécrétion de ces deux hormones. La ghréline, sécrétée le jour, stimule l'appétit alors que leptine, sécrétée la nuit, augmente la sensation de satiété et diminue la faim", explique Pascale Ogrizek, médecin spécialiste du sommeil de l'adulte et de l'enfant.

"Si on ne dort pas assez, on perturbe la concentration des hormones, et donc on a faim. On ne ressent plus la sensation de satiété et on mange plus, donc on a des chances de grossir." 

C’est ce qu’a confirmé une étude, datant de décembre 2004. Les chercheurs ont alors dévoilé que “des temps de sommeil plus courts étaient associés à une augmentation de la ghréline circulante et à une diminution de la leptine.” 

Le manque de sommeil perturbe l'hormone de croissance et le cortisol 

Mais ce n'est pas tout. L'hormone de croissance est aussi perturbée par une privation de sommeil. "Cette hormone sécrétée tout au long de la vie, qui aide à la croissance de nos cellules, est produite pendant le sommeil profond. Elle joue un rôle dans la régulation de la masse grasse. Si on diminue le temps de sommeil, on diminue sa sécrétion et de fait, on peut augmenter sa masse grasse", continue le médecin du sommeil.

Le manque de sommeil agit aussi sur le cortisol - l'hormone du stress - dont le rôle est de préparer le corps à l'éveil. "Quand on est en privation de sommeil, on va perturber notre cycle de sécrétion de cortisol en augmentant sa sécrétion tôt le matin et donc en modifiant la sensation de faim. Le cortisol va aussi modifier l'insulino-résitance puisqu'il intervient dans la régulation de l'insuline."

En effet, le manque de sommeil va dérégler le mécanisme de régulation de la glycémie, mis en place la nuit par le cerveau au repos, et va se répercuter sur la sensation de faim et de satiété.

Mais d’autres facteurs agissent également sur nos comportements alimentaires. La fatigue entraîne un désir de manger, utile pour se donner de la force et de l’énergie. Elle provoque aussi une baisse de l'activité physique et donc un stockage plus conséquent des apports.

Pour finir, le besoin de se faire plaisir, notamment avec des aliments gras ou sucrés, est renforcé par la fatigue, ainsi que l'envie de se faciliter la tâche en mangeant des aliments simples à cuisiner, à manger, voire à commander. 

Le sommeil, c’est la santé

Selon l’Inserm, les Français.es dorment 1h30 de moins qu’il y a 50 ans. "Le temps de sommeil a diminué par rapport au siècle dernier. Les gens renient leur temps de sommeil nécessaire pour faire plus de choses. Je le déconseille vivement, il faut respecter ses besoins de sommeil", met en garde Pascale Ogrizek, praticienne pendant quinze ans au centre du sommeil de la vigilance de l'Hôtel Dieu à Paris. 

En effet, cela n’a pas seulement une incidence sur l'appétit. L'autre conséquence d'une dette de sommeil est la somnolence - première cause d’accidents mortels sur autoroute.

Elle agit aussi directement sur notre corps. En effet, une étude publiée en septembre 2019 avait prouvé que les personnes dormant quotidiennement moins de 6h avaient 20% de chances en plus de faire une crise cardiaque. 

Le manque de sommeil dérégule le métabolisme glucidique par une diminution de l’action de l’insuline et une baisse de sa quantité produite. Ainsi, il crée un terrain favorable - mais pas automatique - à l’apparition du diabète, nous informe la Fédération Française des Diabétiques. 

Evidemment, toutes ces données doivent être nuancées. Le manque de sommeil, s'il est exceptionnel et irrégulier, peut être rapidement récupéré.

Lire aussi :

  • Sommeil : découvrez votre position idéale pour bien dormir

  • Comment rattraper un manque de sommeil ?



Plus de "Bien-être et Forme " :