Marie Gervais : « Je ne correspondais pas à l’image de la femme battue et pourtant… »

Sarah Lévy
·2 min de lecture

À 16 ans, Marie tombe sous le charme de Thomas, un garçon de sa classe. Son premier amour deviendra son bourreau, la soumettant pendant huit ans à des humiliations, des insultes et de la violence physique. Plus de vingt-cinq ans après la première gifle, elle raconte son parcours dans « Il me tue cet amour ». Un livre bouleversant parsemé de conseils et d’outils psychologiques pour lutter contre les violences conjugales.

ELLE: Vous aviez 16 ans quand vous êtes entrée dans une relation toxique, puis violente. Comment s’installe ce type de relation au sein d’un couple d’adolescents ? 

Marie Gervais: C’est extrêmement insidieux. Je venais tout juste d’avoir 16 ans, lui aussi. C’était notre première histoire. Au début, je n’avais même pas envie d’être en couple, l’idée d’avoir un copain ne m’effleurait pas. Avec le recul, je réalise que j’ai été passive dès le début, je me suis laissée entraîner malgré moi dans une relation que je ne désirais pas. Au début tout allait bien, on passait beaucoup de temps chez moi, après le lycée, on se découvrait des points communs. Puis, au bout de quelques semaines, il a commencé à avoir des attitudes bizarres, à se lever et partir d’un coup, comme s’il était énervé. À plusieurs reprises, je lui ai demandé des explications en vain, il ne me répondait jamais. Son comportement était si absurde, qu’il m’est apparu certain que ça venait de moi. J’avais forcément dû faire quelque chose pour qu’il se comporte comme ça. À chaque fois, je finissais en pleurs dans ma chambre. Et, les lendemains, quand on se retrouvait au lycée, c’était comme si de rien n’était. Et comme je pensais que ça venait de moi, je faisais mine de rien aussi, pour ne pas risquer de réenclencher quelque chose. Je n’avais pas d’expérience pour comparer, c’était mon premier petit ami, je ne savais pas si...

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