“Marta et Arthur”, premier roman coup de cœur de la rentrée d’hiver

Gérard Lefort
·1 min de lecture
© Suzanne Schwiertz/Zoé
© Suzanne Schwiertz/Zoé

A mi-parcours de Marta et Arthur, premier roman de l’Allemande Katja Schönherr, un court paragraphe précipite l’esprit du récit : “Marta s’exhorte à comprendre enfin ça : Arthur est mort. Arthur n’est plus en vie, il ne respire plus, ne fume plus, ne tousse plus, ne peste plus. Oui, peut-être même qu’il ne la hait plus.” Marta et Arthur étaient marié·es depuis une quarantaine d’années.

Elle a 59 ans, il en avait beaucoup plus. Ils eurent un fils qui est un adulte aujourd’hui. Mais quel est cet “aujourd’hui” ? Une aube grise où l’on découvre Marta s’afférant sur une plage à amasser du sable dans des sacs en plastique.

Cette frénésie est le prélude d’une journée particulière où Marta va se démener sur le frais cadavre de son mari en organisant une cérémonie païenne où le sable sera essentiel. Mais d’autres aujourd’hui se lèvent, revenus du passé : l'adolescence contrainte de Marta, son coup de foudre pour Arthur, un de ses professeurs, “l’homme aux yeux menthe givrée”, le scandale de leur union, bientôt contrarié par une vie rabat-joie, faite d’arrangements misérables, de sexe dans le noir et habillé, d’un enfant à venir, promesse d’un raccommodage qui s’effilochera comme tout le reste.

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