Martine Rolland : "J"ai été la première femme guide de haute montagne"

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Qu’est-ce qui vous a poussée à passer d’alpiniste amatrice à guide de haute montagne professionnelle ?

M. R. Je voulais vivre de ce métier. J’étais la première femme à tenter de le faire en 1979. Je ne suis pas partie sur une démarche féministe mais quand je me suis retrouvée à l’examen, qui est public, il y avait beaucoup de gens autour, des journalistes et des guides de Chamonix. Ça a été très déstabilisant : je n’étais plus une candidate anonyme. J’étais là, avec mes tresses, au milieu des garçons. Tout a bien fini mais je me suis rendu compte qu’il y avait des gens très opposés à l’idée qu’une femme devienne guide et l’un d’entre eux a tout fait pour que je rate mes examens. Il a fallu que je me blinde. Les stages de formation qui ont suivi ont aussi été des mises à l’épreuve. Les premiers jours, le professeur qui était avec moi ne me faisait pas confiance, il a fallu que je prouve que j’étais capable de passer en tête dans une cordée. Après, ça a été plus facile, j’ai été acceptée.

Le monde de l’alpinisme, notamment à Chamonix, semble très machiste...

M. R. Les guides de Chamonix à la fin des années 1970, ce n’étaient que des hommes de la vallée. Et pour eux, l’alpinisme, c’était Chamonix. À Briançon, j’étais dans un milieu moins fermé. Les guides m’ont accueillie sans problème. C’était plus jeune. C’est quand même une question de génération : les anciens ont plus difficilement accepté l’arrivée d’une femme. Les jeunes avec qui j’allais grimper n’avaient pas de problème : (...)

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