Quand Michel Piccoli chantait l’art d’aimer

Rose Baldous
(Transversales Disques ‎) / (RCA)

En 1970, Claude Sautet réalise Les Choses de la vie, une adaptation du roman éponyme de Paul Guimard. Lui qui n’avait réalisé que deux films policiers jusque-là, décide de changer de registre après l’échec cuisant de L'Arme à gauche. Il fait ici le portrait intime de Pierre Bérard, un architecte d’une quarantaine d'années un peu désabusé, qui ne sait si sa première femme lui manque ou s’il aime vraiment la deuxième, s’il doit partir ou rester. Lors d'un accident de voiture, le personnage tombe doucement dans le coma et se remémore les choses qui ont fait sa vie. Le spectateur inquiet observe ces scènes triviales qui se chargent pourtant d'une mélancolie folle.

Sautet pense initialement à Annie Girardot et Yves Montand puis Lino Ventura, mais tous déclinent la proposition. C'est après le visionnage de La Piscine qu’il choisit Romy Schneider avant de se décider pour Michel Piccoli. Cette première collaboration entre le trio sera un succès et ils joueront ensemble l'année suivante dans Max et les ferrailleurs. Schneider et Piccoli sont bouleversants dans une simplicité de jeu extrême. Hélène est postée en face de sa machine à écrire pendant que Pierre la regarde amoureusement. Et cela marche on ne peut mieux. Les deux acteurs enregistreront ensemble La Chanson d’Hélène sur une musique de Philippe Sarde et qui, si elle n’apparaîtra pas dans le film, ne cesse depuis d’en accompagner le souvenir.

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