Mondiaux de cyclisme: les inégalités dans le sport commencent quand on met les femmes en classe éco

Sur le podium du contre-la-montre féminin des Mondiaux de cyclisme d'Australie, le 18 septembre 2022 : l'Australienne Grace Brown, médaille d'argent, la Néerlandaise Ellen Van Dijck, médaille d'or, et la Suissesse Marlen Reusser, médaille de bronze. | Dirk Waem / Belga via AFP
Sur le podium du contre-la-montre féminin des Mondiaux de cyclisme d'Australie, le 18 septembre 2022 : l'Australienne Grace Brown, médaille d'argent, la Néerlandaise Ellen Van Dijck, médaille d'or, et la Suissesse Marlen Reusser, médaille de bronze. | Dirk Waem / Belga via AFP

Ça partait pourtant tellement bien. Pour les championnats du monde de cyclisme, qui ont commencé ce dimanche 18 septembre à Wollongong en Australie, la fédération française a décidé d'envoyer sa plus grande délégation de l'histoire, avec 32 coureurs au total: 20 hommes, répartis dans les sélections élite, espoir et junior, et 12 femmes. Cela avait été affiché très tôt et les spécialistes se félicitaient de cette nouvelle ambition. La France voulait marquer de son empreinte la compétition et conserver le titre mondial élite détenu par Julian Alaphilippe.

Pourtant, très vite, cette annonce s'est effritée au profit d'une polémique que la fédération aurait pu s'éviter: pour le voyage vers l'Australie –plus de vingt-deux heures de vol– il a été décidé que la sélection masculine se déplacerait en business et la sélection féminine en éco. La fédération, qui a eu l'aval de tous les coureurs, a justifié ce choix par des raisons économico-sportives. D'abord, cela aurait coûté très cher de payer des billets business pour l'ensemble de la délégation. «Ce déplacement étant très lointain, cela coûte énormément. Et si l'on voulait emmener tout le monde, il fallait faire des choix. Et si tout le monde avait été en business, plein de personnes seraient restées à la maison», a affirmé un membre de la fédération, interrogé par Ouest-France.

Ensuite, il fallait défendre le titre d'Alaphilippe et donc lui offrir les meilleures conditions pour prétendre à un nouveau sacre mondial. En effet, «les hommes vont défendre leur titre cette année, encore une fois». Donc tout pour les hommes, qui seraient jugés meilleurs, et des miettes pour les femmes, qui ne seraient que des outsiders dans cette compétition. Malheureusement, ce choix, totalement assumé par la fédération, dénote encore une fois un caractère...

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