"La mort de Mahsa Amini a réveillé la mémoire collective des femmes iraniennes"

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Il aura suffi d'une étincelle pour que l'Iran s'embrase. Le catalyseur aura été la mort suspecte de la jeune Mahsa Amini le 16 septembre dernier, suite à son arrestation par la redoutable police des moeurs pour "port de vêtements inappropriés". Une énième tragédie comme une ultime goutte d'eau qui a fait déborder cette société iranienne au bord de l'implosion depuis l'instauration de la République islamique en 1979.

Cette contestation inédite- menée par les femmes- pourrait-elle se muer en révolution ? Le régime de plus en plus oppressif pourrait-il être renversé ? Nous avons demandé à Mahnaz Shirali, sociologue et politologue iranienne, autrice de Fenêtre sur l'Iran - Le cri d'un peuple bâillonné, de nous apporter son éclairage sur les événements qui secouent le pays et pourraient faire basculer la République islamique.

Terrafemina : Pourquoi la mort de Mahsa Amini en particulier a-t-elle déclenché ce mouvement de révolte ?

Mahnaz Shirali : Parce que cette jeune femme n'était pas politisée, elle était innocente. Et elle fait partie de cette jeunesse- celle qu'on appelle la "partie grise" en iranien- qui ne se mêle pas de politique et s'est réfugiée dans l'indifférence. Sa mort a réveillé cette partie de la société qui a soudainement a compris qu'on ne pouvait pas rester indifférent. D'un coup, ces jeunes ont compris que même quand on ne fait pas de politique, on peut être touché et perdre la vie.

Existait-il une...

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