Municipales : une élection, un virus et des femmes

Patrick Williams

L’épidémie de coronavirus risque de perturber fortement les élections municipales (28% des Français envisageraient de ne pas aller voter selon un sondage Ifop du 5 mars*). Un scrutin menacé alors que l’on constate une augmentation du nombre de femmes qui se présentent en tête de liste (23% aujourd’hui contre 17% en 2014). Comment expliquer une telle progression ? Interview de la politologue Mariette Sineau*, chercheuse à Sciences-Po. 

ELLE. Si elles ont lieu, les municipales de mars 2020 vont-elles faire élire davantage de femmes maires ?

Mariette Sineau. Oui, cela pourrait être le cas. Il y a en effet 23% de femmes en tête de liste à ces municipales, contre 17% en 2014. Une évolution positive qui s’explique par trois facteurs. Tout d’abord, environ 28% des maires envisageaient de ne pas se représenter (enquête Cevipof). D’autre part, la loi de 2014 interdit désormais le cumul de maire/parlementaire ou président d’exécutif local. La compétition pour la mairie a donc pris un tour plus ouvert et démocratique, et les femmes en ont bénéficié. Enfin, la poussée des Verts enregistrée dans les sondages - parti pionnier en matière de parité - pourrait, si elle se réalise dans les urnes, accélérer la féminisation des mairies. Dans plusieurs grandes villes, dont Besançon, Le Mans, Montpellier, Perpignan, Strasbourg, les listes Europe-Ecologie-Les Verts sont dirigées par des femmes. Quant à Nantes, elle est l’exception : toutes les têtes de liste sont des femmes ! 

ELLE. Il y a aujourd’hui 16,9% de femmes maires. Elles étaient 10,9% en 2001. Que penser d’une telle évolution ?

Mariette Sineau. Il est stupéfiant qu’en près de 20 ans les femmes aient si peu progressé à la tête des villes. A ce rythme, la parité n’est pas pour demain. De fait, les mairies restent des bastions masculins tout comme les présidences d’intercommunalités (respectivement 83% et 92%...

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