Les municipales contaminées par le Coronavirus

Ava Djamshidi

Cet invraisemblable dimanche d’ élections municipales risque de hanter longtemps la mémoire des Français. Le coronavirus a littéralement volé la vedette de cette drôle de soirée pour jouer le premier rôle, celui d’intrus invisible et dangereux qui foudroie les corps et la démocratie. La veille, le Premier ministre Edouard Philippe avait demandé aux citoyens de limiter leurs déplacements... tout en les enjoignant à voter tout de même. L’injonction leur a-t-elle semblé contradictoire ? Ont-ils eu peur de contracter le virus malgré les précautions sanitaires mises en place ? Ont-ils considéré que cet appel aux urnes était hors de propos ? Qu’ils avaient d’autres chats à fouetter ? Quoi qu’il en soit, ils ne se sont pas rendus en masse dans les isoloirs du pays. L’histoire retiendra sans doute l’abstention record qui entache le premier tour de ce scrutin : entre 53,5 et 56% selon les instituts de sondage. Soit 20 points de plus que lors des dernières municipales de 2014. 

Cette faible participation pose d’emblée la question de la tenue du second tour, prévu dimanche 22 mars, alors que l’épidémie suit une inexorable courbe ascendante. Autre interrogation levée : celle de la « sincérité » du vote si l’on considère que moins d’un Français sur deux s’est prononcé pour choisir son maire. Il fallait voir l’embarras des invités sur les différents plateaux télé de cette improbable soirée électorale, comme conscients du...

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