Nabokov en Pléiade : "Lolita" ou un demi-siècle de malentendus

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Jeudi, la très prestigieuse collection de la Pléiade publie un troisième tome consacré aux œuvres de Vladimir Nabokov. Une sortie qui résonne étrangement en ce moment, avec la multiplication des affaires de pédocriminalité, dans la mesure où l'écrivain d'origine russe est souvent résumé à son plus célèbre opus, Lolita, et à l’hyper sexualisation des jeunes filles. C'est pourtant lui faire un mauvais procès, conséquence d'une lecture approximative d'un texte qui déchaîne les passions depuis plus de 65 ans.

Car Lolita, le chef d’œuvre de Nabokov, c’est l’histoire d’un malentendu. À l’époque de sa publication, en 1955, il fait déjà scandale. On accuse le roman d’être vénéneux, pornographique, bourré d’insanité. Il est d’ailleurs interdit en France jusqu’en 1958. Et pour cause : il s’agit de la confession d’Humbert Humbert, un quadragénaire qui tombe amoureux de sa belle-fille, Dolorès Haze, 12 ans et demi, qu’il surnomme Lolita. Il en devient le tuteur et abuse d’elle lors d’une errance à travers l’Amérique des années 1940. 

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Une confusion entre l'auteur et le narrateur

Mais Lolita n’est pas, comme on l'a trop souvent dit, une apologie de la pédophilie, ce sont les confessions d’un pédophile. Nabokov réprouvait le comportement de son personnage. Il expliquait d’ailleurs lui-même que le sujet était si éloigné de lui qu’il lui avait fallu déployer toutes ses ressources littéraires pour rendre le récit vraisemblable....


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