« Nous ne sommes pas à la hauteur sur les violences faites aux femmes »

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L’avocate Anne Bouillon, qui se consacre à la défense des femmes victimes de violence conjugales, fait le point sur la situation en France.

ELLE. Quelles ont été les avancées pour les femmes ces quatre dernières années ?

Anne Bouillon. Le changement le plus notable est lié au mouvement #MeToo. Dans ma pratique professionnelle, j’ai acquis une liberté de parole et un espace de défense que je n’avais pas. Au-delà des cas individuels que je défends tous les jours, cela m’a permis de dénoncer une société qui continue de s’organiser sur un modèle patriarcal. Mais même s’il y a toujours des crispations autour de la parole des femmes, l’espace qui est alloué à mes détracteurs est beaucoup plus restreint. Le Grenelle des violences conjugales [en 2019, ndlr] a aussi représenté une avancée. Lorsque le pouvoir politique affiche l’ambition de combattre les violences faites aux femmes, ça rend le travail des gens de terrain beaucoup plus facile. 

ELLE. Que reste-t-il à faire ? 

A.B. Beaucoup! Parce que les ambitions affichées ne sont pas à la hauteur de leur traduction sur le terrain. Il y a encore trop de femmes qui ne trouvent pas de porte de sortie, sont renvoyées à leur propre responsabilité, sont mal reçues dans les commissariats, ne sont pas dotées des moyens économiques nécessaires pour s’émanciper… Il faut impérativement débloquer des moyens. Alors que l’Espagne consacre un milliard d’euros à cette cause, nous ne sommes pas à la hauteur. Pour lutter contre les féminicides, il faut investir dans la formation des policiers, des magistrats, des avocats. Les...

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