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Retoucher son visage, les personnalités le faisaient déjà sur les portraits au XVIIe siècle

En travaillant sur le portrait d’une notable britannique, des restaurateurs ont découvert que son visage avait été repeint pour lui affiner les traits et lui donner des lèvres plus pulpeuses.

BEAUTÉ - Vous pensiez que Kylie Jenner avait lancé la mode des retouches photo sur Instagram ? Détrompez-vous. Des conservateurs britanniques viennent de faire une découverte qui prouve que modifier artificiellement son apparence n’est pas une tendance moderne. Au contraire, il semblerait que cela existe depuis des siècles.

En restaurant un portrait datant de 1634 et réalisé par Cornelius Johnson, les conservateurs du English Heritage, l’organisme en charge de la préservation du patrimoine historique en Angleterre, se sont rendu compte qu’il avait été modifié quelques années après avoir été peint. Le tableau en question représente Diana Cecil (1596-1654), une noble descendante de Lord Burghley, un des amis les plus proches d’Elizabeth I (qui régna de 1558 à 1603). La jeune femme apparaît sur l’œuvre avec une bouche pulpeuse, un nez fin et des cheveux bouclés qui couvrent son front.

Les filtres du passé

Mais en nettoyant les différentes couches de peinture, les experts se sont aperçus que certains traits de la jeune femme avaient été modifiés. Dans la version originale, Diana Cecil, qui n’a que 31 ans lorsqu’elle est peinte, a une bouche plus petite et un front plus large. Une intervention ultérieure, entre le XVIIe et le XIXe siècle, aurait donc permis de modifier son apparence.

« Avec les filtres de beauté numériques et la technologie de l’IA, nous pourrions penser que nous connaissons mieux que la plupart des époques la tentation de “perfectionner” notre apparence, mais le travail de conservation sur le portrait de Diana Cecil a montré qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau », explique Louise Cooling, conservatrice d’English Heritage à Kenwood dans les colonnes du Guardian.

Grâce à la restauration, Diana Cecil a pu retrouver son visage tel qu’il avait été peint à l’origine. Son portrait est présenté depuis le 30 novembre 2023, dans le cadre d’une exposition à la villa néoclassique de Kenwood, à Londres.

D’autres exemples de peintures retouchées

Ce n’est pas la première fois que des conservateurs observent des retouches sur les peintures. En 2014, grâce à des analyses scientifiques approfondies sur un portrait d’Eleanor Toledo peint par le maniériste italien Bronzino et appartenant à la collection du musée Carnegie, aux États-Unis, la peau, le regard, les mains de la jeune femme avaient été jugés trop « parfaits ». Au point que le tableau avait d’abord été soupçonné d’être un faux.

En retirant le vernis de la peinture, les experts avaient alors fait une incroyable découverte : ce portrait s’était avéré être celui d’Isabelle de Médicis, réalisé par Allessandro Alori en 1574. Depuis qu’il a été restauré, on y reconnaît en effet ​​le visage d’une femme plus âgée avec un nez légèrement crochu, des cernes sous les yeux, un double menton et des mains boudinées. Une représentation beaucoup plus réaliste.

Le portrait d’Isabelle de Médicis avant restauration (à gauche de l’image) et le portrait après restauration (à droite).
Capture d’écran Carnegie Museum of Art Le portrait d’Isabelle de Médicis avant restauration (à gauche de l’image) et le portrait après restauration (à droite).

Quelques années après la réalisation de ce portrait, Isabelle de Médicis a tragiquement disparu dans des conditions mystérieuses. Son image, elle, est entrée dans l’Histoire cinq siècles plus tard.

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