Norvège: une grève menace de faire chuter la production de gaz de 60%

AP - Hakon Mosvold Larsen

Depuis ce mardi matin, des salariés norvégiens du secteur pétrolier se sont mis en grève. Le mouvement pourrait prendre de l'ampleur et faire chuter les exportations de 60% dans les prochains jours.

Les salariés grévistes, adhérents du puissant syndicat Lederne, réclament des augmentations de salaires pour compenser l'inflation. Elle a atteint 5,7% sur un an, au mois de mai. Les négociations salariales organisées avec les employeurs ce mardi n'ont pas abouti. « Une extension de la grève, qui entrerait en vigueur samedi, serait très dommageable et grave tant pour l'Europe que pour la Norvège », a mis en garde l'organisation représentative de l'industrie Norsk Olje & Gass. « Une grève de cette ampleur pose des problèmes énormes pour des pays qui sont totalement dépendants pour remplir leurs stockages de gaz avant l'automne et l'hiver », ajoute-t-elle.

Après l'échec de négociations salariales, le puissant syndicat norvégien Lederne a entamé mardi une grève qui s'est déjà traduit par l'arrêt par le géant national Equinor de trois gisements offshore (Gudrun, Oseberg Est et Oseberg sud), avec un impact pour l'heure limité à 1% des exportations gazières. Mercredi, en cas d'escalade de la grève, quatre gisements suivraient, portant à 13% la part bloquée des exportations. Enfin samedi, l'arrêt des gisements très importants de Gullfaks A et C et Sleipner démultiplierait les conséquences de la grève, en coupant 56% des exportations, selon Norsk Olje & Gass. Celles-ci représentent une valeur d'environ 180 millions d'euros par jour, souligne-t-elle.

La fédération patronale craint dès samedi une baisse d'exportation de plus d'un million de barils de gaz en équivalent pétrole chaque jour, si un accord n'est pas trouvé d'ici là. La répercussion se fait déjà ressentir sur les marchés. Le prix du gaz livrable à 24h a augmenté de 16%.

La Norvège est aujourd'hui le deuxième fournisseur d'énergie à l'Europe et fait face à une hausse considérable de la demande de ses voisins. En France, environ 40% du gaz importé vient de Norvège. Une nouvelle menace pour un marché de l'énergie déjà sous tension avec la baisse des importations de gaz russes.

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