Nouvel An : grâce au couvre-feu, ces personnes sont ravies de passer la soirée en solo

Laetitia Reboulleau
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Cheerful young woman holding single sparkler in hand outdoor. Detail of african girl celebrating new year'u2019s eve with bengal light. Closeup of beautiful woman holding a sparkling stick at party night.
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Si Noël a bénéficié d'un couvre-feu spécial pour permettre aux familles de se rassembler en dépit de la crise sanitaire, cela ne sera pas le cas du 31 décembre. Les recommandations du gouvernement pour la Saint-Sylvestre sont claires : restez chez vous pour ne pas propager le Covid-19. Et cette situation arrange bien celles et ceux qui n'aiment pas célébrer le Nouvel An.

Chaque année, c'est la même rengaine. Dès le mois de novembre – voire parfois bien plus tôt – arrive la question suivante : "Et toi, tu fais quoi pour le Nouvel An ?". Traditionnellement, la soirée de la Saint-Sylvestre est festive. On la passe entre amis ou en famille, l'alcool coule à flots et tout le monde s'embrasse à minuit pour se souhaiter une bonne année et une bonne santé. Seulement voilà, avec le Covid-19 et la crise sanitaire que traverse le monde depuis maintenant un an, la santé passe par une absence d'embrassades. Le gouvernement refuse de lever le couvre-feu, recommande d'éviter les gros rassemblements, avec un objectif : ne pas faire remonter la courbe des contaminations par le coronavirus.

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"Le couvre-feu, c'est la bonne excuse !"

Les fêtes de fin d'année sont généralement très attendues, mais il existe toujours un certain nombre d'irréductibles qui n'aiment pas Noël. Ceux qui n'aiment pas le Nouvel An sont d'ailleurs encore plus nombreux, et pour eux, la situation sanitaire est une aubaine. Cette année, personne ne les fera culpabiliser de ne pas participer à la fiesta. "Tous les ans, mon rêve, c'est de passer le Nouvel An en solo, à prendre un bain et à me détendre", raconte Christophe, 31 ans. "C'est d'ailleurs mon programme depuis plusieurs années, mais à chaque fois, mes proches râlent. Ils me disent que c'est triste, que je passe pour un loser. Résultat, cette année ils sont malheureux comme les pierres de ne pas faire la teuf, et moi, je suis au top de ma vie."

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Le jeune trentenaire n'est pas le seul dans cette situation. David, 28 ans, est pourtant un grand fêtard, de même que sa compagne. "Avant la crise, on était habitués des sorties chez les amis, ou en boîte. Aujourd'hui, je suis toujours en manque de ces sorties, mais j'ai toujours eu du mal avec le Nouvel An. Cette année, on va se faire un repas à deux, mater un film, rien de bien fou. On a refusé pas mal de projets avec du monde, parce que l'idée d'être forcés d'attendre 6h du mat pour rentrer, ajouté au fait de prendre des risques... C'est non, et ça nous arrange bien. Le couvre-feu, c'est la bonne excuse !"

Ce soir-là, il y a une sorte d'obligation ressentie à faire la fête, comme si se sociabiliser était obligatoire le 31.

"Il y en a marre des injonctions à faire la fête"

Ce désamour du Nouvel An, qu'il ressent à chaque Saint-Sylvestre, Thibaut la met sur le compte du caractère "imposé" du réveillon du 31 décembre : "Ce soir-là, il y a une sorte d'obligation ressentie à faire la fête, comme si se sociabiliser était obligatoire le 31." Cette injonction à faire la fête, il n'est d'ailleurs pas le seul à la ressentir. "Les fêtes et autres traditions sont formidables, mais les gens qui ne souhaitent pas y participer ne devraient pas être montrés du doigt", affirme Jérôme. "Malheureusement, je pense que c'est sociétal, et que ça ne concerne pas uniquement le 31 décembre." Comme chaque année, lui prévoit encore d'être "couché avant minuit" après avoir passé la soirée en solo, et cela lui convient très bien comme ça.

J'ai l'impression que le nouvel an est devenu un concours de b*te. C'est à celui qui aura été à la plus grosse teuf, qui aura le plus dragué, qui aura le plus bu...

Même programme chez Allison, qui le clame haut et fort : "Il y en a marre des injonctions à faire la fête ! J'ai l'impression que le Nouvel An est devenu un concours de b*te. C'est à celui qui aura été à la plus grosse teuf, celui qui aura le plus dragué, celui qui aura le plus bu, celui qui aura fait la chose la plus folle... Et si toi tu n'as rien fait de spécial, tu passes pour la personne nulle qui ne sait pas s'amuser." Du haut de ses 22 ans, la jeune femme estime que le Nouvel An a tendance à accentuer les mauvais comportements face à l'alcool et à la drogue, notamment : "Les mecs bourrés dans la rue, les nanas qui doivent surveiller leur verre toute la soirée... Vraiment, c'est l'enfer."

Il est vrai qu'en règle générale, l'alcool fait partie de la célébration de la nouvelle année. Et pour les personnes sobres comme Eva, c'est vite compliqué. "Il y a toujours trop de drogues, trop d'alcool dans les fêtes du Nouvel An. Et cette année, avec la Covid, il risque en plus d'y avoir des 'cluster parties', donc c'est encore pire." Cette dernière s'inquiète en effet de la tendance des "soirées Covid", où se pressent des gens malades et des inconscients qui veulent se faire contaminer. Résultat, cette année comme les autres, Eva restera bien au chaud chez elle, en sécurité.

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