Les objets du confinement : l’attestation de sortie

Par Nathalie Lamoureux
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Qui aurait imaginé qu’un jour on devrait signer un mot pour sortir de chez soi ?
Qui aurait imaginé qu’un jour on devrait signer un mot pour sortir de chez soi ?

Une attestation pour faire ses courses, une autre pour se rendre chez le médecin, une autre pour promener le chien ou faire du sport. Une autre encore pour porter assistance aux personnes vulnérables. À découper dans le journal, à imprimer depuis un ordinateur, à recopier sur une feuille ou à télécharger via une application, ce papier écrit dans un langage administratif à la fois clair ? sans mot rare et mal maîtrisé comme « nonobstant » ? et ambigu ? renvoyant à des notes de bas de page ?, en a déboussolé plus d'un en mars 2020 lors du premier confinement en France pour enrayer la propagation du coronavirus.

Certains y ont vu un objet infantilisant, une atteinte au libre arbitre incitant à la transgression, d'autres au contraire, un moyen de responsabilisation à l'égard des autres, jugés toujours plus légers que soi. D'autres encore, un révélateur des lourdeurs administratives et de l'autoritarisme étatique. Avant l'annonce du déconfinement le 13 avril 2020, « les discours et les mesures prises par le pouvoir gouvernemental ont deux objectifs majeurs : démontrer la puissance de l'État en temps de crise sanitaire et attribuer la responsabilité de la propagation de l'épidémie aux comportements irresponsables de la population », analysent Enguerran Maci et Priscilla Duboz, chercheurs au CNRS, dans un article sur « Les logiques biopolitiques d'un confinement » paru en juillet 2020 dans la revue Recherches et éducations.

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