Olivia Ruiz : « Je suis une raconteuse d'histoires »

Anne Michelet

La chanteuse se révèle être une romancière de talent avec « la Commode aux tiroirs de couleurs »* (JC Lattès), une fresque familiale émouvante sur l'exil. Confidences d'une artiste sensible, sincère et très attachante.

Vous passez de la chanson à ce premier roman qui raconte quatre générations de femmes. L'écriture semble avoir toujours fait partie de votre vie…
Olivia Ruiz - 
Oui, c'est un vrai cocon, un petit refuge. Ce premier roman m'a permis de m'inventer une histoire face au silence de mes grands-parents sur leur arrivée en France pendant la guerre d'Espagne. Avec ce livre, j'ai aussi pu imaginer des femmes qui auraient été un peu celles de ma vie, des femmes qui nous portent. J'ai pu rêver une histoire que l'on ne m'a pas racontée. Ce fut agréable de poursuivre ce chemin que j'avais déjà commencé en écrivant la comédie musicale Volver pour le palais de Chaillot.

Ecrire sur vos racines était devenu une nécessité ?
Olivia Ruiz - 
Au-delà de mes propres racines, cela m'intéresse de comprendre comment on se construit lorsque la fondation de notre histoire est d'abandonner la terre qui nous a vus naître. Moi qui suis tellement attachée au Languedoc-Roussillon, à mes stations balnéaires un peu désuètes qui me rappellent mon enfance, je suis bouleversée par la vie de ces gens qui ont été arrachés à leur pays.

Avez-vous souffert de secrets de famille ?
Olivia Ruiz - 
Pas des secrets mais du silence, certainement du fait que ce soit trop douloureux pour eux de s'exprimer sur le sujet. Quand je posais une question à l'une de mes grand-mères, qui est toujours en vie, les larmes empêchaient les mots de sortir. Forcément, ça intrigue et ça donne...

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