Origine, parenté, maladie: que valent les tests ADN?

Un grand-oncle russe, une cousine vietnamienne? Plus de 26 millions d'Américains ont déjà acheté un test ADN sur internet (60 à 200 euros) pour explorer leurs origines. En France, 100 000 à 200 000 personnes, selon l'Inserm, s'en procurent chaque année. Comme Sacha, qui s'est laissée tenter en voyant des publicités, désormais interdites à la télévision et sur internet depuis un amendement au projet de loi bioéthique, en octobre dernier. "En un clic, j'ai reçu un kit de prélèvement de salive puis, après envoi, une infographie avec les pourcentages génétiques de mes origines géographiques", précise cette trentenaire, ravie d'apprendre que son ADN était anglais à 70% et italien à 23%. Ou pas. Car ces chiffres ne sont en effet que de simples estimations, sans valeur scientifique, insiste Catherine Bourgain sociologue et généticienne à l'INSERM : "Ils sont issus d’algorithmes complexes qui comportent une marge d'erreur évidente". Vrai ou faux, ces tests "récréatifs" restent effectivement une sorte de jeu, un objet de curiosité.

Il en va autrement des tests de paternité "sauvages" qui comparent des marqueurs génétiques de plusieurs utilisateurs afin d'identifier d’éventuels parents biologiques. "Il y a une vraie complémentarité entre cet outil et la généalogie traditionnelle. Cela permet de rapprocher les personnes et leurs arbres généalogiques et de voir où se situe in fine l'ancêtre commun", se réjouit Christophe Becker, directeur de Geneanet, leader de la généalogie en ligne en Europe, favorable à une légalisation encadrée des tests en France. Au risque aussi mettre au jour des secrets de familles bien enfouis...

Et pour quelques dollars de plus, certains tests promettent même de révéler des prédispositions supposées à développer des maladies génétiques. "Etre porteur d’un gène ne prédit pas l’apparition d’une maladie", tempère Catherine Bourgain. En outre, s’inquiète la sociologue, que deviennent ces millions d'échantillons? En 2018, l'un des leaders du secteur, l'Américain

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