<p>Chronique "C'est la vie"</p> - Ouverture des terrasses : tout réapprendre

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Les terrasses ne sont plus ce qu'elles étaient.

Ce premier apéro ! En terrasse, dans le froid, sous la pluie... Rien que d’y repenser, on en a les larmes. À la fois l’envie de se soûler de joie et de démultiplier son attention, tous les sens en éveil. Et dire qu’autrefois, quand on s’asseyait en terrasse, on faisait la fine bouche. Pas trop près du passage, mais pas au fond non plus pour pouvoir « mater » les passants, faire des commentaires. « Une bière, deux cafés, s’il vous plaît. Et deux verres d’eau. » Le serveur oubliait les verres d’eau. On râlait. Enfants gâtés ! On ne mesurait pas notre chance. Ensuite, on se posait, tranquille, première gorgée de bière. Coup d’œil circulaire sur les voisins, voisines. Bref échange de regards. Pas que pour draguer, quelle trivialité ! Juste un réflexe de citadin vérifiant son ascendant. Le degré d’approche possible. Un comportement pavlovien qu’on a oublié, depuis le temps. Ah, les tables à touche-touche à Paris, la fille faussement lasse qui libère la chaise de son Balenciaga Hourglass à 1 500 euros. Sa copine, sourire d’excuse confuse, qui dégage pour vous son Céline Triomphe à 2 600 euros. On entrait en matière ou pas. « La fumée vous dérange ? » Bref, la convivialité quotidienne, naturelle, instinctive. S’intéresser à l’assiette du client d’à côté pour faire son choix. « Il est bon, l’espadon ? »

À la fin du dîner, la pénombre enveloppante et le médoc aidant, on rompait la glace. « Vous êtes du quartier ? Vous venez souvent ? » Une langueur s’installait. Et l’audace. Le plaisir du bavardage. Pas envie de rentrer tout de suite. Finalement, les tables rapprochées qui nous empêchaient « de parler tranquille », ça avait du bon. On pouvait être entre amis, entre copines, en bande, en couple, tout(e) seul(e), il y avait(...)


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