<p>Chronique "C'est la vie"</p> - L'appli vintage qui vous photographie comme avant

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Cette semaine, la chronique de Catherine Schwaab.

Ça devait arriver. A tant vouloir s’embellir sur Instagram, on finit par se rêver moche. Satané portable… A peine prise, la photo perd sa fonction première : être le souvenir d’un instant. On peut se réjouir de son joli sourire ou se résigner – ces cernes, ce nez, ces rides… Maintenant, irrépressiblement, on commence par jauger son physique comme un médecin esthétique. Gommer les défauts. Un réflexe désormais, même si vous ne « postez » pas : vous cliquez sur « modifier », puis sur le petit soleil, vous déplacez le curseur vers plus de clarté, « OK », et déjà vous avez meilleure mine. Cinq ans (dix ans ?) de moins. Si vous surexposez un peu plus, vous faites disparaître votre (trop) grand nez. Ouf, déjà plus regardable. Ensuite vous recadrez, ajoutez un peu de doré, de rouge, de bleuté… au choix. Et je ne parle pas des filtres technologiques ciblés qui lissent l’épiderme, épaississent les lèvres, font remonter les pommettes, agrandissent les yeux et arquent vos sourcils comme Méphistophélès.

Améliorer son cliché, c’est devenu une politesse obligée. En se donnant un coup de lifting numérique, on se conforme à une bienséance esthétique. Du coup, publier sur Insta sa photo « nature » est du dernier plouc. Ou alors, c’est délibéré : prenez-moi comme je suis. Enfin, elles – ils – sont assez rares, les courageux-ses à oser s’afficher sans retouches et « make-up free ». Le make-up, parlons-en. Chez les messieurs, c’est la planche de salut : les ventes des cosmétiques masculins auraient bondi de 300 % avec la pandémie. Surtout les fonds de teint pour gommer la « Zoom fatigue ». On les comprend. Une photo « postée », combien de « likes » ? Bon. Maquillé, « photoshopé », une fois cet embellissement accompli, que reste-t-il(...)


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