Les personnes anxieuses ou dépressives plus à risque de développer un covid long après infection

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D'après une étude néerlandaise, publiée le 5 août 2022 dans la revue scientifique The Lancet, une personne sur huit serait touchée par une forme persistante du Covid-19. 

Si les travaux de recherche qui tentent de recenser les symptômes du Covid long sont multiples, moins nombreux sont ceux qui se penchent sur les prédispositions à développer une infection longue durée.

Publiée mercredi 7 septembre 2022 dans la revue Science Daily, une étude menée par des scientifiques de l'école de médecine de l'Université d'Harvard argue que la dépression, l'anxiété, le stress et la solitude "peuvent être considérés comme être des facteurs de risque" au développement d'un Covid long. 

"Nous avons été surpris de noter que la détresse psychologique, décelée avant une infection, est associée à un risque accru de présenter un Covid long", a déclaré Pr Siwen Wang, chercheuse à la Harvard Chan School, dans son étude.

Détresse psychologique et Covid long : un risque accru de 46 %

Pour mener ces recherches, l'équipe de l'Université d'Harvard ont demandé à 55 000 personnes aux États-Unis et au Canada de répondre à une enquête en ligne, entre avril 2020 et novembre 2021.

Parmi ce groupe, plus de 3 000 participants.es ont déclaré avoir eu le Covid, et environ 1 400 ont déclaré avoir un Covid long.

Les résultats ont ainsi montré que les personnes ayant déclaré une détresse psychologique avant d'être infectées présentaient un risque accru de 46 % quant au développement d'une forme de Covid long, par rapport aux personnes n'ayant pas déclaré de symptômes dépressifs ou anxieux.

Les personnes ayant noté "deux types ou plus de détresse psychologique, comme la dépression et l'anxiété, présentaient 50% de risque en plus de garder au moins un symptôme de leur infection", précisent les chercheur.ses. 

La suppression de la réponse immunitaire comme possible explication

D’après Pr Siwen Wang, certains facteurs permettraient d’établir un lien entre la détresse psychologique et le développement d'un Covid long. 

“Tout d'abord, le stress peut activer des molécules qui signalent à l'organisme de produire une inflammation. Le stress peut également entraîner une suppression de la réponse immunitaire, ce qui rend plus difficile la lutte contre les virus. Les personnes souffrant de dépression peuvent même développer des anticorps qui ciblent, par erreur, leurs propres cellules”, explique-t-elle.

"Un problème de santé mentale sera toujours plus susceptible de vous prédisposer à des problèmes de santé ultérieurs, qu'il s'agisse du Covid, d'un Covid long [ou] d'une autre maladie", appuie Jacqueline Becker, neuropsychologue à l’Icahn School of Medicine (n'ayant pas participé à l'étude) auprès de NBC News.

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Si cette avancée permet d'établir un lien direct entre le stress et le Covid long, les auteurs de l’étude soulignent toutefois que d’autres recherches sont nécessaires pour savoir si la gestion du stress peut aider à diminuer le risque de présenter un Covid long, et si prendre soin de la santé mentale des patient.es affecté.es peut aider à soulager les maux de l'infection persistante. 

"Si vous souffrez déjà d'un Covid long, mais vous maintenez de faibles niveaux de stress, cela vous aidera-t-il à vous rétablir plus rapidement ? Nous ne le savons pas. Mais c'est sur ces questions que nous devrions nous concentrer désormais”, poursuit Andrea Roberts.

Les scientifiques précisent également que les recherches à venir devront être perpétuées sur un public plus large, car la plupart des personnes interrogées dans le cadre de cette étude travaillaient dans le secteur médical au plus fort de la pandémie. "C'est pourquoi leur niveau de stress pouvait être plus élevé que celui du grand public", nuance l'étude.

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